Spécial Parc national des calanques: Ca grouille dans les fonds marins (3/3) - Jeudi 2 août 2012

Source : Rédaction wiki2d - redacwiki2d@gmail.com

Le nez dans l’eau, les Provençaux peuvent découvrir des trésors à chaque brasse. Pourtant, même si la diversité biologique reste exceptionnelle dans les calanques, la pollution, la surpêche ou encore les prélèvements sauvages ne cessent de menacer ce fragile écosystème. Au total, les eaux des calanques abritent une quarantaine d’espèces animales maritimes protégées.

Le relief marin accidenté mais aussi les épaves ont permis à quantité d’organismes vivants, comme le mérou brun et le corb, de se multiplier. Poisson emblématique des fonds littoraux méditerranéens, le mérou brun constitue surtout un excellent indicateur de la qualité du milieu écologique. Situé au sommet de la chaîne alimentaire, il témoigne par sa présence de la bonne santé du territoire où il a choisi de s’établir. D’où l’importance des campagnes de recensement organisées depuis plusieurs années dans les eaux françaises, notamment dans la rade et autour des îles de Marseille; des zones où l’espèce s’était raréfiée.
Depuis une dizaine d’années, un retour progressif du mérou brun est observé le long des côtes provençales. C’est sous l’égide du GIP, de la commission environnement biologie subaquatique et de l’office de la mer, qu’a été menée la campagne 2011 dans les eaux phocéennes, mobilisant plusieurs dizaines de scientifiques et de plongeurs bénévoles sur quinze sites des calanques ainsi que des archipels de Riou et du Frioul. Au total, cinquante mérous ont pu être observés durant cette journée de comptage, dont trois au Frioul et quarante-sept dans du cœur marin du Parc national des Calanques.

Crédit JL Fontaine

Plus rare, mais particulièrement imposante, la Grande Nacre de Méditerranée est le deuxième plus grand coquillage au monde. Ce mollusque bivalve, qui peut atteindre plus d’un mètre de hauteur et vivre 20 ans, est endémique de la Méditerranée. On la trouve régulièrement dans l’herbier de posidonie où se cachent souvent les jeunes individus. Elle se nourrit de plancton et de matière organique qu’elle filtre entre ses valves entre-baillées qui laissent apercevoir les branchies sous forme d’une sorte de treillis. Pendant des décennies, elle a régalé pêcheurs et plongeurs, qui en consommaient sa chair et qui faisaient des appliques avec la coquille, transformée en vulgaire souvenir. Depuis 1993, sa valeur écologique a été reconnue et elle est protégée au niveau européen et méditerranéen.

C’est aussi le cas du Corail rouge, un animal souvent confondu avec un végétal, qui est très utilisé dans la fabrication de bijoux, ce qui lui a valu son surnom d’or rouge de Méditerranée. Il se fait de plus en plus rare car son squelette ramifié ne pousse que de 3 centimètres par décennie.

De nombreux animaux, appréciés pour leur chair, trouvent également refuge dans les fonds marins. En plus des araignées de mer, langoustes et homards, on trouve des espèces plus rares, comme la cigale de mer. Cette cousine de la langouste, qui peut atteindre jusqu’à 45 cm, est, comme la cigale de terre, un emblème de la Méditerranée. Mais comme la grande nacre, elle a beaucoup souffert de la surpêche et il est désormais interdit de la capturer. Certains plongeurs ont également la chance d’observer l’oursin diadème, qui tire son nom de ses très longs piquants dépassant le décimètre, la fragile dentelle de Neptune, ou encore l’hippocampe, qui, on l’oublie souvent, est un poisson!

Et au large des calanques, à moins de 20 km de la côte, on trouve encore des mammifères comme le Grand dauphin ou le rorqual communqui ne mesure pas moins de 20 m et pèse quelque 40 tonnes. En revanche, de nombreuses espèces ont fini par délaisser nos côtes. Ainsi, le phoque moine, aujourd’hui très menacé, n’est observé que fort rarement.

Lire la suite de notre dossier spécial sur le Parc national des calanques

Partie 1: Une biodiversité remarquable

Partie 2:  Zoom sur la faune du massif

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