Demain, tous « locavores » ? (4/5) - Lundi 12 avril 2010

Source : Rédaction Wiki2d - C.H. journalistewiki2d@gmail.com

E-paniers : les primeurs sur la Toile

Surfant sur la popularité des Amap (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne), une multitude d’associations et d’entreprises ont repris le concept du panier. Ainsi, Mon-panier-bio.com, le premier annuaire permettant de trouver des paniers de ce type sur Internet, recense près de 220 sites dans toute la France, dont une quarantaine de distributeurs en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Remplir son panier de fruits et légumes en un clic. Depuis quelques années, des entreprises privées proposent un large choix de produits souvent biologiques, à la demande et livrés à domicile. Et c’est la flexibilité qui séduit des consommateurs désireux de manger mieux, mais pas forcément prêts à accepter les contraintes des Amap. Car on a beau prendre de bonnes résolutions, il n’est pas toujours facile de ne consommer que les produits locaux et de saisons produits par le fournisseur. « Nous privilégions toujours le local, mais comme nous travaillons avec plusieurs producteurs, les produits sont plus variés et chacun peut commander à la fréquence souhaitée, explique Valérie Calas, créatrice de Seconde Nature, une entreprise provençale qui propose des e-paniers.

Un marché très concurrentiel

Pour leur permettre de localiser les distributeurs de paniers près de chez eux, Nicolas Klein a eu l’idée de lancer en 2006 un annuaire qui référence tous les types de structures, des Amap naissantes aux entreprises privées. « On avait des consommateurs qui n’avaient pas de place en Amap et des distributeurs, privés ou non, qui ont senti le filon », analyse-t-il. Aujourd’hui, Mon panier bio ne référence que quelques Amap, qui viennent généralement d’être créées, et sont donc à la recherche d’adhérents. Mais sur les quelques 200 distributeurs recensés par le site, la majorité sont des entreprises privées. « Évidemment, le risque, c’est de perdre l’aspect solidaire et local, confirme Nicolas Klein. Il avoue d’ailleurs que son annuaire a du mal à contrôler tous les sites référencés. « Certains commercialisent des produits importés, pas forcément biologiques. Mais en même temps, il y a des gens qui ont envie de manger des tomates en hiver, ironise-t-il. Forcément, quand on rentre dans une logique commerciale, on se plie aux caprices du consommateur. C’est donc à lui d’être raisonnable ».

Et les agriculteurs dans tout ça? « Certes, ils sont face à un intermédiaire, mais ce n’est pas non plus une centrale d’achats. Ces entreprises sont souvent à taille humaine et, en plus, elles sont de plus en plus nombreuses sur le marché. Les agriculteurs peuvent encore choisir le distributeur qui leur convient. » Un point de vue partagé par Valérie Calas. «Chez nous, ce sont toujours les producteurs qui fixent leurs prix, et cette politique nous permet de travailler ensemble dans une relation de confiance », affirme-t-elle. Pour l’instant, la formule séduit : quatre nouveaux distributeurs s’ajoutent à la liste d’entreprises recensées par Mon-panier-bio.com chaque mois.

Lire aussi:

Partie 1 : AMAP: Des paniers solidaires

Partie 2 : AMAP: Des consommateurs rassurés et des producteurs zen

Partie 3 : Des paniers fraîcheurs dans les gares SNCF des Bouches-du-Rhône

Partie 5 : Près d’Aix, on cueille des fruits et légumes soi-même