10 initiatives régionales se disputent le « Prix du public » des trophées de la santé - Vendredi 23 novembre 2012

Source : La Provence - Florence Cottin

Pour la 4e année, les lecteurs de « La Provence » vont pouvoir mettre à l’honneur une initiative remarquable dans le domaine de la santé. Ces dix actions, sélectionnées par la rédaction, devaient remplir une condition, à savoir se dérouler dans la région PACA. Le « Prix du public » ainsi attribué sera remis le 14 décembre lors d’une soirée à la Faculté de médecine de Marseille . Ces trophées de la santé récompenseront aussi des médecins et des chercheurs provençaux qui innovent. Les votes sont ouverts jusqu’au 30 novembre.

1 – L’association Grégory Lemarchal ou l’hôpital presque comme à la maison.

Au sein d’un service hospitalier, la déco et le confort n’ont rien d’anodin. C’est le message que souhaitent faire passer les parents de Grégory Lemarchal dont l’association a initié la rénovation de l’unité d’hospitalisation de pneumologie, centre de soins de la mucoviscidose et en transplantation pulmonaire adulte de l’hôpital Nord à Marseille. L’unité avait d’énormes besoins. Pas de clim’, pas de vraie salle de bain, alors que les greffés y sont soignés parfois plusieurs mois. En cet automne 2012, le résultat est « fabuleux » : l’unité compte aujourd’hui 22lits qui bénéficient d’un cadre presque « comme à la maison » soulignait Eva, jeune greffée arlésienne, lors de l’inauguration du service le mois dernier. Pour cela, l’association Grégory Lemarchal a fait un don de 473 000¤ sur les 1,6 million d’euros de travaux. Déjà en décembre 2011, elle avait participé à la rénovation de l’espace dédié aux enfants atteints de mucoviscidose à La Timone. Pour mémoire, le chanteur Grégory Lemarchal est décédé de la mucoviscidose, il n’a pu bénéficier d’une greffe de poumon.

2 – L’hôpital d’Avignon soigne les papilles de ses patients en cancérologie.

Jean-Jacques Prévôt, le chef cavaillonnais, n’a pas hésité une seconde, et est venu, à l’Epicurium, « le musée vivant des fruits et légumes » de Montfavet, vanter les vertus de la cuisine méditerranéenne. À la différence près, ces participants sont tous des patients du service d’onco-hématologie du centre hospitalier d’Avignon. Redonner le goût de la nourriture à ces malades a été l’objectif de ces séances dispensées tout au long de l’année. Au menu: soupe de courge orange safran, parmesan, volaille farcie cuite dans un bouillon de poulet, nems farcis de fruits pochés au vin rouge et bien d’autres mets encore… Histoire de se réconcilier avec ses papilles et retrouver le goût de la vie d’avant la maladie.

3 – L’optique solidaire grâce à des lunettes à 120 euros.

Martin Hirsch, ancien haut-commissaire aux solidarités actives, est à l’origine de « l’opération Optique solidaire » lancée et testée à Marseille. L’idée est de proposer des lunettes équipées de verres progressifs pour 120¤ aux personnes de plus de 60 ans vivant au-dessous du seuil de pauvreté et ne pouvant se payer une bonne correction visuelle. La Mutuelle du Midi, filiale d’AG2R-La Mondiale, a foncé dans ce dispositif. L’opération a été menée avec des lunetiers français qui ont proposé une gammede onze modèles mis en vente chez les opticiens partenaires. Ce dispositif devrait être généralisé à toute la France où 140 000 personnes pourraient être concernées.

4 – Des musiciens pour adoucir les premiers jours des prématurés.

Bruno Huet et Odile Avezard, de l’association « Arts Vivant en Vaucluse », mettent un peu de poésie dans le quotidien des enfants hospitalisés à Avignon. Flûte au bec et guitare en bandoulière, ils mettent des couleurs sur les joues des tout petits patients du service de néonatalogie. Le duo intervient aussi dans tous les services de l’unité mère-enfant. En chirurgie et chez les nourrissons, ils improvisent des interludes. Chez les « grands enfants, le duo a pu mener une action aboutie autour du slam avec de jeunes anorexiques. Ici, disent-ils, ils ont trouvé un « sens » à leur métier.

5 – Jean-Luc Charlemagne ne manque pas d’air.

Atteint d’une maladie pulmonaire invalidante et incapacitante, le Martégal Jean-Luc Charlemagne a créé l’ANS (Association pour un nouveau souffle) et multiplie les projets d’envergure. Son souhait était de combler le vide existant entre les soins à l’hôpital et le travail à réaliser dans le huis clos de son domicile et de fédérer toutes les personnes qui souffrent d’une affection respiratoire reconnue. Aujourd’hui, son association rassemble une centaine de personnes et travaille avec des grands et petits centres hospitaliers, cliniques et autres centres de rééducation. Le 29 mai prochain, il organise d’ailleurs à Martigues une grande « Journée du souffle » avec la présence de nombreux spécialistes.

6 – Une solution pour les dyslexiques.

Depuis des années, orthophonistes, psychologues, neurologues et pédagogues tentent d’améliorer la lecture des enfants dyslexiques. Des chercheurs marseillais ont trouvé la recette presque miracle pour remédier à cela. « Il suffit d’agrandir l’espace entre chaque lettre. La typologie ordinaire n’utilise qu’un pixel, il suffit de passer à une largeur de 2,5 pixels et trois blancs », explique l’un d’eux. Espacer les lettres et les mots permet d’améliorer la rééducation et l’apprentissage. L’enjeu est de taille car on estime à 10% les enfants souffrant de troubles dyslexiques.

7 – Tourisme handicap, Sisteron obtient le label.

À Sisteron, on ne badine pas avec le handicap. Au contraire. La ville établit chaque année un bilan des travaux réalisés ou restant à réaliser. Trottoirs abaissés, parkings sécurisés, voirie, etc… La ville n’a cessé d’adapter ses infrastructures. Mieux, l’office du tourisme vient d’obtenir, pour une durée de cinq ans, le label Tourisme handicap. Il est le seul du département des Alpes- de-Haute-Provence à avoir obtenu ce titre pour les quatre catégories de handicap (moteur, visuel, auditif et mental). De quoi attirer une nouvelle clientèle.

8 – Ils mettent le paquet pour arrêter de fumer.

À Istres, le maire a encouragé ses agents à arrêter de fumer et leur a même donné un coup de pouce financier et médical Il a mis en place une campagne de sevrage. Au total, 47 employés sur les quelque 1 500 que compte la municipalité, ont été pris en charge avec des profils plus ou moins dépendants à la nicotine. Réunion collective, entretien, tous ont travaillé avec une toxicologue. Un an après le lancement de cette campagne, les chiffres sont encourageants. Du coup, l’action est reconduite.

9 – La poule, meilleure amie des seniors à Salon.

La Maison de retraite L’Estérel de Salon-de-Provence a fait preuve d’une initiative originale. Les résidents ont pu découvrir que de nouvelles personnalités avaient emménagé. Des poules ont pris leurs quartiers dans la résidence pour le plus grand bien des résidents. Il s’agit d’un poulailler thérapeutique qui connaît un grand succès et aurait des effets incontestables sur les personnes âgées. Selon les spécialistes, le fait veiller sur les animaux valorise nos seniors qui se sentent de nouveau utiles. « Ça crée un lien intergénérationnel. « Cette initiative pourrait faire des petits. À l’Estérel, on envisage d’installer un potager thérapeutique.

10 – À Marseille, l’hôpital déménage chez les malades.

Le service du professeur Zanini à La Conception compte 19 postes mais pas de chambres. « Les 50 lits gérés par l’équipe se trouvent au domicile des patients, explique le patron d’Hospidom. Nous traitons toutes sortes de pathologies avec l’expertise d’un CHU. Soins et surveillance postopératoires, traitements intraveineux, etc… » Avantageuse pour le patient, l’hospitalisation à domicile l’est aussi pour la collectivité. À l’hôpital, un patient coûte en moyenne plus de 1000 euros par jour. À domicile, ce coût journalier est ramené à 235 euros.

Crédits photo: Nicolas Vallauri

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