RSE: Pères et mères, égaux dans l’entreprise ? - Jeudi 16 juin 2011

Source : Rédaction wiki2d - Carole Hoareau redacwiki2d@gmail.com

Wiki2d et Paca pour demain réunissaient hier une vingtaine d’acteurs du développement durable à l’occasion de leur troisième petit déjeuner, pour aborder la question de la parentalité en entreprise.

Il n’y a pas que le travail dans la vie, pourtant, à partir du premier enfant, la question de la conciliation des temps de vie devient d’autant plus difficile à gérer. « Au début, quand on prend du temps pour sa famille, on est vu comme une sainte qui a sacrifié sa carrière. Puis rapidement, on nous pose des questions: « au fond, c’est un peu de la fainéantise ?», ironise Tashina Giraud, manager à Euromed Management. C’est mignon de dire qu’on doit partir plus tôt car son enfant à une répétition de danse, mais c’est mal vu. Un cadre qui part tôt du travail, ce n’est pas normal »

Inégalité hommes/femmes

Et pères et mères ne sont pas égaux quand il s’agit de concilier vie familiale et professionnelle. « La parentalité peut être une cause d’inégalité professionnelle, soit à cause des interruptions de carrière qu’elle entraîne, soit à cause des stéréotypes », avance Iulia Sala, responsable du pôle égalité professionnel à l’Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises (ORSE).

Ainsi, selon une étude de l’Institut national des études démographiques (INED), réalisée en 2009, « la charge de la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle repose essentiellement sur les femmes. Ce sont essentiellement elles qui réaménagent leur emploi du temps après une naissance ou qui mettent en retrait leurs ambitions professionnelles. » L’Ined rappelle ainsi que le taux d’emploi des femmes sans enfant est proche de celui des hommes (respectivement 80% et 90% en 2007). En revanche, celui des mères diminue fortement avec le nombre d’enfants, alors que pour les hommes, la situation professionnelle varie peu au fil des naissances. Ainsi le taux d’emploi des femmes en couple avec un enfant est de 80% contre 93% pour les hommes, avec deux enfants il est respectivement de 77% contre 94% et avec trois enfants, ce taux passe à 56% contre 90%.

Et si elles décident de poursuivre une activité, les mères sont 7% à avoir opté pour un emploi à temps partiel après leur premier enfant, puis 13% et 10% après leurs deuxième et troisième enfants. « Ce décrochage au deuxième enfant est observé même chez des femmes très diplômées » , déplore Françoise Rastit, déléguée à la délégation régionale au droit des femmes et à l’égalité.

Un « suicide professionnel » ?

Alors pourquoi les femmes sont-elles plus nombreuses à changer de situation professionnelle après une naissance ? « On prend en compte l’aspect financier pour choisir qui arrête de travailler, et ce sont souvent les mères, car elles ont généralement un salaire plus bas que leurs compagnons, répond Iulia Sala. Mais c’est aussi parce que la société attend des mères qu’elles s’arrêtent, alors que pour les hommes, cette interruption est vécue comme un suicide professionnel ». D’ailleurs, parmi les participants masculins du petit-déjeuner, personne n’a profité des onze jours d’arrêt accordés après une naissance.

Alors faudrait-il imposer le congé paternité ? « Oui, c’est primordial pour changer les regards sur les femmes en entreprise », défend Hélène Renard, présidente de Paca pour demain. « C’est impossible dans une petite structure comme la mienne car ce serait un coup d’arrêt pour mon activité », rétorque Benoît Hamon, gérant d’Epices. Car la problématique de la conciliation des temps de vie est encore plus difficile à appréhender dans les PME/TPE parce qu’il n’y a pas d’amortisseurs: quand quelqu’un est absent, ça ne se compense pas. De plus, de nouvelles problématiques émergent avec le vieillissement de la population, qui pose la question de la dépendance et de la prise en charge des ascendants.

Dans ce cas, ne pourrait-on pas ramener la famille au travail, ou ramener le travail à la maison, pour un peu plus de flexibilité? « La parentalité n’est pas qu’une question sociale, c’est aussi une question économique car quand on a recruté quelqu’un, qu’on a pris le temps de le former, on a envie qu’il reste à son poste », argumente Hélène Renard. Pour ce faire, il existe quelques mesures simples à prendre, comme la prise en charge certaines contraintes, par exemple les problèmes de garde ou de déplacement, ou encore l’interdiction de terminer les réunions après 18h.

Consulter l’Etude INED

* PACA Pour Demain est une association d’entreprises engagées dans le développement durable en région PACA. Son objectif est de porter cette démarche, à la fois globale, innovante et performante, par l’exemplarité, l’échange, le partage d’information et le soutien aux projets du territoire. Infos sur  www.pacapourdemain.org

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2 commentaires sur “RSE: Pères et mères, égaux dans l’entreprise ?”

  1. Cailly dit :

    C’est bien vrai cela ! En entretien annuel, j’ai demandé de passer agent de maitrise (30 ans d’ancienneté dans la boîte, mes compétences sont reconnues ) mais non, c’est le collègue masculin avec 6 ans d’ancienneté qui va passer agent de maîtrise Grrrrrrrrrrrrr !

  2. Claire dit :

    Les femmes sont malheureusement encore discriminées sur le marché du travail. Les choses changent petit a petit…

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