Zapping écolo: Sale temps pour la Planète - Mardi 7 août 2012

Source : France 5 - infi@wiki2d.org

Alerte rouge sur les cinq continents pour cette sixième saison de Sale Temps pour la planète. Partout, les experts et les ONG tirent la sonnette d’alarme : tout s’accélère. Les événements météorologiques extrêmes, autrefois rares, se sont intensifiés. Sale Temps pour la planète part au coeur de la tourmente : là où des hommes et des femmes sont confrontés, dans leur quotidien, aux changements climatiques. Une réalité, et souvent, une urgence. Leurs territoires – archipels, villages côtiers ou plaines alluviales – sont en première ligne. Au fil des destinations, ils racontent leurs histoires et leurs inquiétudes face à la récurrence des bouleversements climatiques.
Thaïlande, à fleur d’eau
Le 26 décembre 2004, touchée par un violent tsunami, la Thaïlande, paradis touristique, se révèle immensément fragile. En octobre 2011, un nouveau cauchemar frappe le pays. Des inondations font plus de 800 morts et paralysent l’économie. Les pertes se chiffrent en dizaines de milliards d’euros, le taux de croissance chute. La mousson a duré plus de 6 mois. « Deux mois de trop ». Selon les experts, c’est un nouveau signe du dérèglement du climat.
Bangkok, la capitale, tiraillée entre la montée des eaux, les crues du fleuve et un terrain qui s’enfonce de 2 à 4 cm par an, pourrait bien connaître le destin de la mythique Atlantide, engloutie par les eaux. Le professeur Anond, expert climatique, n’est guère optimiste. Mais depuis 10 ans, il peine a convaincre ses concitoyens qu’il faut quitter les zones les plus fragiles. La mer a déjà englouti des villages entiers. Vorapol, pêcheur de crevettes, a assisté impuissant au naufrage de la maison où il a grandi. Ce héros des temps modernes a créé un système de barrières de bambous qui protège aujourd’hui 2 km de côtes, mais le chantier reste immense.
D’autres fléaux menacent l’équilibre du pays. Les rizières souffrent de la hausse des températures, provoquant la multiplication des insectes et des rats. Les sécheresses durent plus longtemps. Les paysans sont inquiets. La Thaïlande, 1er exportateur mondial de riz, devra trouver de nouvelles solutions pour conserver sa place. A terme, ces changements climatiques pourraient bien altérer le sourire des 65 millions de thaïlandais. Une prise de conscience s’impose.
Tanzanie, les damnés de la terre
Avec ses tribus ancestrales, ses paysages à couper le souffle et ses animaux sauvages majestueux, la Tanzanie fait rêver autant les aventuriers amateurs de sensations fortes que les touristes. Mais ce patrimoine naturel et culturel unique est déjà menacé par les bouleversements climatiques. Au nord du pays, nous rencontrons Marco Sikorei, un masaï qui travaille pour les Nations Unies. Marco Sikorei craint pour l’avenir de son peuple. Les Masaïs sont des éleveurs nomades, qui ne vivent que grâce à leur bétail. Mais la dernière sécheresse de 2009 leur a fait perdre 1/3 de leurs bêtes. De plus, le gouvernement n’hésite pas à les chasser de leur territoire, parfois brutalement.
Plus loin, ce sont les Hadzabés, un autre peuple au mode de vie millénaire, qui risque de disparaître. Leur terrain de chasse est chaque jour grignoté par les paysans alentour qui augmentent leur surface de culture en détruisant la forêt.
Dans ce pays où plus de 70% de la population vit du produit de la terre, les sécheresses à répétition, les pluies imprévisibles ou diluviennes sont un drame national.
Malgré ce constat, le directeur de l’Environnement, Julius Ningu, reconnaît que les changements climatiques ne sont pas encore la priorité du gouvernement. Alors, que faire ? Qui aidera ces victimes climatiques ? Un peu partout dans le pays, des héros ordinaires tentent de trouver des parades pour atténuer les effets liés aux bouleversements du climat.
Au centre international des légumes d’Arusha, Chris Ojiewo, ingénieur agronome et Yvonne Guga, nutritionniste, remettent au goût du jour les légumes locaux. Ces plantes endémiques oubliées résistent mieux à la sécheresse et aux pluies imprévisibles que les plantes importées comme le maïs. Pour les paysans qui les utilisent, ces légumes sont déjà un début de réponse aux fléaux qui s’abattent sur leur pays.
A l’image de Chris Ojiewo et d’Yvonne Guga, l’espoir, c’est la société civile qui le porte. Des villes aux campagnes, des hommes et des femmes se lèvent pour inventer les solutions de demain et pour préparer la nouvelle génération aux défis immenses qui l’attendent.
Argentine, la crise climatique
Vus du ciel, les décors argentins sont majestueux. Sur plus de 3 700 kilomètres, le pays offre des contrastes saisissants : au nord, le désert de sel et les hautes montagnes, au sud, la Terre de Feu et, face à l’Atlantique, la capitale, Buenos Aires. Mais, aujourd’hui, ces images de rêve cachent la réalité des bouleversements du climat. Pendant plus d’un mois, Sale Temps pour la planète a sillonné le pays du nord au sud avec le regard d’experts, qui vont, au fil de l’enquête, révéler l’envers du décor. D’entrée, ils revisitent l’image de ce fier gaucho chevauchant sa monture, derrière son large troupeau de vaches et taureaux. Dans la région de Buenos Aires, les dernières sécheresses ont mis à mal cette image. Le cheptel est réduit de moitié et le gaucho est à la peine pour trouver des pâtures pour ses bêtes. Un drame pour ce pays dont la viande bovine est l’une des plus appréciées au monde.
Et que dire des indigènes d’Argentine. Pourquoi seraient-ils supposés vivre loin des tracas économiques du pays ? La dernière communauté de chasseurs-cueilleurs argentine, les Wichis, survit plus qu’elle ne vit, dans les zones les plus isolées de la province de Salta. Elle découvre depuis quinze ans un phénomène inconnu jusque-là. A chaque saison des pluies, elle est désormais coupée du reste du monde. La cause ? Des crues démentielles de la rivière près de laquelle elle est installée. Elle ne peut guère compter que sur l’aide de l’ADRA, une ONG qui lui apporte quelques provisions.
Sur la côte atlantique, les plages de sable blanc attirent chaque année près de trois millions de touristes. Et, pour en attirer toujours plus et vivre les pieds dans l’eau, on a détruit des dunes. Hélas ! avec cette météo qui devient folle, il n’y a plus aucune barrière naturelle pour empêcher les vagues de déferler sur les cités balnéaires.
Buenos Aires, la capitale, subit les revers d’une architecture mal pensée, qui la laisse à la merci d’inondations à répétition. Pablo Novak, lui, est le dernier habitant d’une cité déjà engloutie en 1985, Epecuen. Il veille seul sur cette ville où il est né, et sait qu’après sa mort il n’y aura plus personne pour entretenir la mémoire des lieux. Ces lieux qui représentent aujourd’hui un combat planétaire.
Italie, une beauté fragile
L’Italie est peut-être la septième merveille du monde, avec pas moins de47 sites classés au patrimoine mondial, mais ces sites exceptionnels subissent de plein fouet les bouleversements climatiques qui secouent le pays depuis quelques années. A l’automne 2011, Vernazza, petit village de la Riviera italienne, inscrit au patrimoine de l’Unesco en 1997, est frappé par des inondations éclairs. En l’espace de quelques heures, des pluies diluviennes provoquent des coulées de boue dévastatrices. Les experts évoquent la « tropicalisation »du climat, mais la nature n’est pas la seule responsable. Le territoire, pourtant classé, n’est plus entretenu et des infrastructures ont été construites à la va-vite pour accueillir les touristes.
D’autres erreurs ont été commises à Gênes, ville classée et capitale de la Ligurie. Les mafias de l’immobilier ont trop construit, dans des zones inondables. Elles ont bétonné les rivières. Aujourd’hui, 100 000 personnes vivent dans des zones à très haut risque. Ces dernières années, des pluies torrentielles ont dévasté des quartiers entiers.
Sur la côte adriatique, Venise, la Sérénissime, est en première ligne face à la montée des eaux. Les inondations sont devenues chroniques. Moïse, un projet à 6 milliards d’euros, est conçu pour limiter les inondations. Ses 78 digues mobiles pourront-elles sauver Venise et sa lagune ? Georg Umgiesser, océanographe, n’en est pas si certain. La lagune pourrait bien être définitivement fermée. Derrière la célébrissime lagune se trouve le delta du Pô. Beaucoup moins connue, cette zone humide est également classée. Ici aussi, le territoire souffre. Deux dangers guettent ces terres deltaïques : le débit du fleuve baisse et le niveau de l’Adriatique monte.
Prochains rendez-vous:
Thaïlande, à fleur d’eau, mardi 7 août à 21h30
Tanzanie, les damnés de la terre, mardi 14 août à 21h30
Argentine, la crise climatique, le mardi 21 août à 21h30
Italie, une beauté fragile, le mardi 28 août à 21h30
Série documentaire 5 X 52 min Production LPBV !, Elle n’est pas belle la vie !Avec la participation de France Télévisions Réalisation: Morad Aït-Habbouche france5.fr et pluzz.fr