
Une source d’énergie gratuite, propre et inépuisable. Sur les toits des Provençaux, les panneaux solaires thermiques ou photovoltaïques se multiplient. Il faut dire qu’avec 300 jours de soleil en moyenne chaque année, la région a un fort potentiel.
Richard Loyen, délégué général d’Enerplan, l’association nationale des professionnels de l’énergie solaire, basée à La Ciotat, revient sur l’essor de ce secteur dans notre région et donne quelques clés pour réussir son installation.
Wiki2d : En quelques mots, pouvez-vous rappeler la différence entre solaire thermique et photovoltaïque ?
Richard Loyen : Les panneaux solaires thermiques permettent de produire de la chaleur pour l’eau chaude sanitaire, avec un chauffe-eau solaire (CESI), ou pour chauffer un logement, avec un système solaire combiné (SSC). Les panneaux photovoltaïques, eux, transforment le rayonnement solaire en électricité.
Wiki2d : L’engouement récent pour le photovoltaïque a-t-il relégué le solaire thermique au second plan ?
R.L. : Dans notre région, le solaire thermique reste très important. Ainsi, on estime que 80% des bâtiments basse consommation sont équipés d’installations solaires thermiques (CESI ou SSC ).
Wiki2d : Avec l’effet d’aubaine, les entreprises solaires se sont multipliées. Comment choisir son installateur?
R.L. : On doit en priorité parler de son projet autour de soi pour avoir les conseils de personnes qui ont déjà fait une installation. Le bouche-à-oreille, mais aussi les labels reconnus, Quali’PV (photovoltaïque) ou Quali’Sol (solaire thermique) peuvent éviter de se tromper. Demandez plusieurs devis, trois idéalement, et surtout, ne cédez pas au vendeur qui vient sonner chez vous en fin de journée avec des arguments douteux. Si on vous assure qu’un arbre ne posera pas de problème, ou qu’on vous promet une production énorme, alors que la puissance limite pour bénéficier d’avantages financiers est de 3kWc, méfiez-vous!
Wiki2d: Silicium polycristallin, amorphe ou hybride, intégré ou sur-imposé, quelle technologie choisir pour ses panneaux photovoltaïques ?
R.L. : Tout dépend de la surface dont vous disposez. Pour les sociétés qui souhaitent recouvrir leurs entrepôts par exemple, on peut utiliser du silicium amorphe (celui des calculatrices solaires, ndlr), qui reste le moins cher. En revanche, le silicium polycristallin est plus rentable quand on dispose de peu d’espace puisque c’est celui qui produit le plus d’électricité par mètre carré. Ensuite, concernant la pose des panneaux, c’est le tarif de rachat de l’électricité produite par EDF qui donne un net avantage aux panneaux intégrés en toiture. Comptez 58 centimes d’euros par kilowattheure, contre 37 en intégration simplifiée et 27,6 pour une centrale au sol.
Quid de la récente baisse des tarifs de rachat? Le photovoltaïque reste rentable ?
R.L. : Oui, mais ces fluctuations entretiennent un climat d’insécurité juridique qui inquiète les professionnels. Par exemple, le tarif de rachat de l’électricité produite par des panneaux intégrés en toitures reste le même. Mais pour en bénéficier, les normes sont très strictes. Il suffit que le législateur change ces normes, et plus aucun procédé utilisé actuellement ne pourra prétendre à ce fameux tarif. Pourtant, la promotion de l’énergie solaire a des bénéfices pour l’État et les Français. Dans un contexte d’augmentation des prix de l’énergie, le solaire favoriserait également l’indépendance énergétique de notre pays.
Propos recueillis par Carole Hoareau
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