
C’est un mastodonte de 30 tonnes qui change les déchets végétaux, issus de l’entretien des massifs forestiers, en granulés de bois utilisés dans les chauffages individuels ou collectifs. Avec le programme MOGREP, pour Moulin à granulés – Energie de Provence, la société venelloise Protect Forest lance un projet ambitieux qui prévient les incendies de forêts tout en offrant une source d’énergie renouvelable de proximité, et à bas prix.
Faire en sorte que le bois de nos forêts brûle dans des poêles et cheminées, plutôt que dans les massifs provençaux. C’est l’idée qu’a eu Protect Forest, une entreprise spécialisée dans la prévention et l’extinction des incendies de forêts depuis vingt-cinq ans. Après avoir développé des équipements pour les Divisions d’intervention héliportées (DIH) ou encore des systèmes d’aspersion télescopiques pouvant protéger les surfaces arborées, Alain Lejosne, le Pdg de la société, se penche sur l’entretien des forêts.
« Les opérations de Défense des forêts contre l’incendie (DFCI), indispensables pour limiter les départs de feux, coûtent cher aux collectivités, observe l’entrepreneur. Et c’était souvent de l’argent perdu, alors que les déchets végétaux produits lors du débroussaillage ont de la valeur ». Pour exploiter ce potentiel, Alain Lejosne a alors l’idée de créer une « mini-usine » de recyclage mobile. Le « granulateur », tracté sur les sentiers forestiers, transforme les rémanents (branches, troncs d’arbres, etc.) en granulés à bois, ou pellets, utilisés pour le chauffage. Une fois installé à l’intérieur d’un massif, il tourne 24 heures sur 24 et produit jusqu’à une tonne et demi de pellets par heure. Ensuite, seuls ces granulés, conditionnés en sac, sortiront de la forêt, pour être distribué localement.
Les déchets forestiers, une manne financière inexploitée
En région PACA, 65 000 tonnes de déchets forestiers sont produits chaque année par les DFCI, une véritable manne financière. « Avec Mogrep, une collectivité peut financer les frais d’entretien des massifs et obtenir des granulés pour chauffer les bâtiments communaux. », explique Alain Lejosne. Le reste des granulés produits est ensuite commercialisé dans les magasins spécialisés (bricolage, jardinerie…) et les stations-service environnants. Un sac de 15 kg de « Pellets Forest Energy » est vendu entre cinq et six euros.
« Au final, l’acquéreur d’un granulateur, qui coûte 1,1 million d’euros, mettra sept ans à rentabiliser son investissement », illustre le chef d’entreprise. D’ici 2020, Protect Forest espère commercialiser 150 machines. Un projet colossal labellisé par le pôle de compétitivité Capenergies, qui promeut les énergies non émettrices de gaz à effet de serre, et financé par le guichet OSEO de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur. Alain Lejosne développe également une opération de levée de fonds privés. 55 000 actions sont mises à la disposition des investisseurs, sans entrée en Bourse.





















