Bâtiments Durables Méditerranéen: Un PRIDES pour développer l’éco-construction en PACA - Mercredi 3 novembre 2010

Source : Rédaction Wiki2d - Carole Hoareau journalistewiki2d@gmail.com

Maison bioclimatique (voir la légende ci-dessous) - © Energira

Avec près de 40% des consommations énergétiques régionales, le bâtiment cherche à réduire son impact environnemental. Pour guider les professionnels de la construction et de la réhabilitation, l’association Bâtiments durables méditerranéens a mis en place  la démarche BDM, un outil d’accompagnement qui tient compte des spécificités de l’habitat écologique de notre région.

Ensoleillement intense, pluies capricieuses ou vents violents, les bâtiments méditerranéens sont soumis à des contraintes climatiques fortes. Pour que les constructions soient plus écologiques, il faut savoir en tirer profit. Comment construire ou rénover des bâtiments permettant d’économiser l’énergie, de récupérer l’eau de pluie ou de se protéger du mistral ? Depuis 2008, l’association Bâtiments durables méditerranéens (BDM), labellisée Pôle régional d’innovation et de développement économique solidaire (PRIDES)* par la Région PACA, tente d’apporter des réponses à ces questions.

Premier objectif : fixer la notion de bâtiment durable méditerranéen, en se basant notamment sur la « Charte pour la qualité environnementale des opérations de constructions et de réhabilitation en régions méditerranéennes » élaborée par CoDéBâQuE.  Mieux gérer les consommations d’eau, les déchets, tirer profit de l’ensoleillement, mais aussi faire appel aux savoir-faire locaux ou encore choisir un emplacement permettant d’utiliser des modes de transports doux, tous ces aspects doivent être considérés. « Récemment, de nombreux labels et référentiels ont vu le jour, mais ils ne prennent pas en compte les contraintes spécifiques à notre région», explique Héloïse Marguerite, chargée de développement de l’association.

Accompagner les porteurs de projet

Pour aider les professionnels, le PRIDES a donc mis en place la « Démarche BDM ». « Concrètement, nous mettons à disposition des informations en ligne, pour aider les porteurs de projet à se poser les bonnes questions et à prendre des décisions, poursuit-elle. Et surtout, nous leur permettons d’échanger et de faire connaître leur initiative. » L’association ne délivre donc pas de certification mais propose d’accompagner le projet pas à pas et vérifie que les engagements environnementaux sont tenus. Ainsi, pour être économes en énergie, les constructions doivent au minimum respecter les exigences BBC (voir notre article sur la nouvelle réglementation thermique 2012). Mais d’autres aspects peuvent être pris en compte, comme l’intégration au territoire ou l’utilisation de matériaux innovants. « En fait, BDM reprend souvent de nombreuses règles de bon sens qui ont été oubliées, comme la notion de bioclimatisme (voir schéma)», souligne Héloïse Marguerite.

Originalité de la démarche, BDM suit les projets  pendant deux ans après la livraison du chantier . « Le but est de vérifier que ce qui est sur le papier fonctionne, et corresponde aux usages des occupants », détaille Héloïse Marguerite. Ecoles, bureaux, maisons individuelles, actuellement, une cinquantaine de projets sont en cours dans toute la région. Avec une ambition : que ces initiatives servent de modèle pour inciter le secteur du bâtiment à s’orienter vers des solutions plus respectueuses de l’environnement.

Légende  photo :  Exemple de maison bioclimatique
La maison est exposée Nord/Sud afin de bénéficier des apports solaires naturels
Au sud
1. Pergola avec végétation grimpantes à feuilles caduques
2. Avancée de toit (casquette de 90 cm pour une hauteur de 2,5 m)
3. Présence de végétation au sol pour éviter le réfléchissement des rayons du soleil
Ces techniques permettent de protéger du soleil d’été et permettent au soleil d’hiver de pénétrer dans la maison.
À l’ouest
4. Haie végétale, arbre à feuilles caduques : pour protéger des vents dominants (en l’occurrence pour un climat méditerranéen il faudrait les placer au nord pour protéger du Mistral
5. Persienne ou store extérieur et renforcer l’isolation de ce mur, pour protéger du soleil en fin de journée qui chauffera très fort en été du fait de son inclinaison et de la durée du rayonnement.
6. En règle générale, il faut éviter la fenêtre sur le toit, sinon elle sera composée d’un vitrage à isolation renforcée et d’une protection extérieure pour protéger du soleil direct.

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