
Le Geres, pour Groupe énergies renouvelables environnement et solidarités, est une association à but non lucratif, créée en 1976 au lendemain du premier choc pétrolier. Basée à Aubagne, l’ONG compte aujourd’hui plus de 185 collaborateurs, qui conduisent des projets de développement durable innovants, en France et dans 12 pays en voie de développement. Alain Guinebault, délégué général du GERES, revient sur les missions et les réalisations d’une structure qui ne cesse de se développer.
Quelles ont été les intentions et transformations majeures au GERES en 2011?
Il est toujours difficile de mettre en avant une activité plus qu’une autre, mais je dirais que l’objectif majeur en 2011 a été de maîtriser notre développement. Le GERES ne s’impose pas de politique de croissance à deux chiffres. Notre développement marqué de ces dernières années est la conséquence de notre volonté de permettre au plus grand nombre de s’adapter aux impacts des changements climatiques et d’accéder à l’innovation. Cela nous conduit à réfléchir à nos modes opératoires et à les diversifier.
C’est pour cette raison que nous avons initié et créé la plateforme Nexus qui est devenue autonome début 2011. De telles évolutions faciliteront le passage à très grande échelle de nos meilleurs résultats, tout en restant au plus près des acteurs de terrain.
C’est aussi le cas avec le lancement en 2012 du Global Stove Program qui ambitionne un déploiement simultané de son action en Asie du Sud-est et en Afrique de l’Ouest. Maîtriser notre développement, c’est aussi assurer aux collaborateurs permanents du GERES un parcours professionnel sécurisant : intégration des nouveaux venus, formation, capitalisation et valorisation des travaux de ceux qui nous quittent. Ce chantier entamé en 2011 va s’amplifier avec l’arrivée en 2012 d’une responsable des ressources humaines et d’un responsable expertise.
Enfin, nous sommes aussi confrontés aux effets de la crise en Europe. Il semble légitime de questionner les modalités de la coopération avec les économies émergentes, mais les populations les plus pauvres de ces pays risquent de devenir les «oubliées» de la croissance. Quant aux pays les moins avancés, leur situation ne s’améliore que très lentement, avec des distorsions aigües entre les élites et le reste de la population. En ce sens, je suis inquiet face aux risques que peut faire courir un repli sur eux-mêmes des pays riches.
Pour le GERES quels sont les principaux enjeux de l’énergie durable pour tous ?
Après des décennies durant lesquelles l’énergie a semblé être un sujet peu valorisé dans l’approche du développement, 2011 a vu émerger l’Alliance Globale pour les Foyers Améliorés (GACC sous l’égide de la Fondation des Nations Unies), puis l’Assemblée générale des nations unies a décrété l’année 2012 comme l’«Année internationale de l’énergie durable pour tous». Nous nous sentons évidemment très concernés. Pour le GERES, c’est l’occasion de sensibiliser à l’importance de développer l’accès durable à l’énergie, l’efficacité énergétique et le recours aux sources d’énergie renouvelable, et ce, au niveau local, régional et international.
C’est aussi l’occasion de faire reconnaître les savoirs du GERES, notamment ceux attachés aux utilisations de l’énergie. L’énergie est un moyen, nous travaillons sur les finalités de son utilisation. Les services énergétiques ont de réels impacts sur le développement économique, la santé, l’enseignement, les changements climatiques ou la sécurité alimentaire… C’est pourquoi l’absence d’accès à une énergie propre, abordable et fiable, entrave le développement et constitue un obstacle majeur à la réalisation des Objectifs du Millénaire.
La transition énergétique semble devenir un impératif incontournable. Qu’est-ce que cela signifie pour le GERES?
Parmi les pays riches, l’Allemagne y est déjà engagée. La Commission Européenne élabore une directive sur l’efficacité énergétique pour compléter celles existantes, alors qu’en France le sujet a peu été évoqué lors de l’élection présidentielle. Même si aujourd’hui la consommation d’énergie dans les pays du Nord stagne, l’enjeu est de la réduire : les plus volontaristes parlent de 55% à 80% à l’horizon 2050.
Quoi qu’il en soit, les prix de l’énergie vont contraindre les états à construire des trajectoires vers la sobriété, seule voie pour ne pas entraver leurs activités économiques ni marginaliser plus encore les populations en situation de précarité. Pour le GERES, l’enjeu essentiel est de contribuer à une large diffusion de solutions performantes et rentables déjà bien connues; même si la recherche ne doit pas être oubliée.
En France, les Espaces Info->énergie représentent un outil qui fait ses preuves auprès des particuliers et des copropriétés pour la préparation de projets de rénovation énergétique. D’autres projets favorisent la production locale d’électricité d’origine hydroélectrique. Bien entendu, les pays en développement sont aussi concernés, et même doublement concernés, puisque la tendance est à l’augmentation forte des consommations d’énergie pour rattraper des «retards de développement» ! Une aberration, qui, au final parasite les programmes encourageant les utilisations efficientes de l’énergie. C’est là tout l’enjeu des actions du GERES !
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