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Politiques, universitaires et urbanistes abordaient hier les enjeux de la mobilité durable, au Conseil Général des Bouches-du-Rhône.
Trente pour cent : c’est la part de la marche à pied dans les déplacements des habitants des Bouches-du-Rhône. A l’occasion des rencontres « Dessins de ville, destins de ville », organisées par le Conseil Général des Bouches-du-Rhône, Laurence Hemerit, directrice des transports de la Communauté urbaine MPM, rappelait les principaux enseignements de la récente enquête sur les modes de déplacements des ménages dans le département.
Pourtant, circuler à pied dans les villes relève souvent du parcours du combattant. Trottoirs impraticables, passages piétons dangereux, ou encore attente aux feux interminable, pour le docteur Olé Thorson Jurgensen, président de la Fédération européenne des piétons, « il faut que les aménageurs se baladent davantage à pied pour se rendre compte de certaines absurdités. Pour qu’une ville soit agréable, les piétons doivent pouvoir se déplacer en sécurité, et profiter d’espaces de réunion accueillants ». Dans la région, l’universitaire danois cite d’ailleurs quelques réussites, comme le Cours Mirabeau, à Aix-en-Provence ou la place de la République à Marseille. Mais faut-il pousser la réflexion et réserver les centres villes aux piétons ? Depuis l’été dernier, l’expérience est tentée dans le Panier. Les véhicules ne peuvent circuler dans le plus vieux quartier de Marseille que de 6h30 à 11h30.
Semi-piétonnisation du Panier : premiers enseignements
« C’est une idée portée par les habitants, pour des raisons de sécurité et de qualité de vie », soutient Lisette Narducci, maire des 2e et 3e arrondissements de Marseille. Pas moins de quinze réunions de travail ont été nécessaires pour que le projet aboutisse et soit adopté, à la suite d’un vote, par 83 % de la population. « Pourtant, même s’il y a un réel désir de vivre dans un espace piéton, quand on passe à la pratique, les habitants réalisent qu’ils doivent changer leurs habitudes. On a souvent tendance à penser « non à la voiture, mais moi, j’ai besoin de la mienne », ironise Lisette Narducci. A côté de circulation et du stationnement des les particuliers, la question du transport de marchandises est également problématique. Comment approvisionner les commerces de proximité ou livrer les habitants à domicile, une pratique en développement avec l’explosion du e-commerce ? Pour Lisette Narducci, « c’est un choix de ville, car piétonniser, c’est accepter d’avoir des contraintes. Il faut discuter avec les opérateurs pour qu’eux aussi intègrent que leur accès est contraint. Car à force d’exception, la piétonnisation n’aurait plus de sens ».
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