Aix-en-Provence: Cet homme murmure à l’oreille des élus le come-back du cheval - Mercredi 6 février 2013

Source : La Provence - Romain Capdepon

Stéphane Chanoux n’a rien d’un ayattolah ultra écolo un brin réac’, anti-voiture, anti-industriel, anti-modernité quoi. Il serait plutôt dans le registre du rêveur amoureux de ses équidés, de la tradition au service d’un quotidien plus apaisé. L’enseignant en équitation, passionné d’attelage, fantasme le retour de la traction animale au goût du jour, « dans un premier temps pour la collecte des déchets, et notamment du tri sélectif, mais aussi pour de courts trajets scolaires et des visites touristiques ».


Son fidèle « associé », élève ingénieur, Alexandre Janvier, surenchérit: « On oublie quand même que l’énergie animale a été utilisée pendant 2000 ans! » C’est sans doute cela qui a motivé cet étudiant en 3e année aux Arts et Métiers (Ensam), spécialité énergies renouvelables: coupler la tradition et les nouvelles technologies. Au printemps dernier, Stéphane Chanoux déboule à l’Ensam et propose son idée. Alexandre est emballé, malgré l’aspect bénévole d’une mission de six mois de dur labeur, qui est habituellement rémunérée.
« Ce qui a été aussi passionnant que difficile, ça a été de faire en sorte de ne pas fatiguer l’animal parce que ce genre de cheval de trait irait jusqu’à mourir dans l’effort » dit-il, alors que Stéphane harnache Nénuphar du Bigot, un trait de Bretagne d’une tonne, à l’avant d’une charrette hi-tech!

« C’est lui le moteur principal mais c’est en fait un véhicule hybride puisqu’on a installé aux roues de la charrette quatre moteurs de scooters électriques dont on peut régler la puissance par rapport à la fatigue du cheval » détaille Stéphane. Le duo a aussi joué aux bricolos avant qu’Alexandre ne pose son matériel électronique (en grande partie financé par l’école des Arts et Métiers) sur la charrette. « Pour la construire, on a récupéré un châssis de petite voiture, essieux et suspensions, puis des batteries et on a aussi dépouillé une vieille voiturette de golf pour la partie électronique » explique l’étudiant, qui a poussé son travail jusqu’à installer des capteurs de mesure de l’effort du cheval, « même si ces chevaux ont aussi besoin de se défoncer » assure Stéphane, qui lance un appel à financeurs, banquiers et autres, qui n’ont pour l’heure pas cru son projet, mais aussi aux maires du pays d’Aix qui voudraient tenter ce retour vers le futur. « Nos arguments sont l’écologie, l’économie et l’adhésion. Ne serait-ce que pour les déchets et le tri sélectif, les gens sont plus réceptifs quand ils voient un cheval plutôt qu’un camion » conclue le passionné. L’élu à la collecte à la CPA pourrait être séduit…

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