
Artemisia, Foire de Marseille ou encore Week-end des découvertes écocitoyennes. Avec la rentrée, les manifestations bio se multiplient. Pour le meilleur et pour le pire?
Acheter un lombricomposteur, une chaudière à condensation ou de la tapenade bio… Les consommateurs sont de plus en plus nombreux à arpenter les allées des foires et salons bio. En plein air ou dans des halls d’exposition, plusieurs centaines se tiendraient chaque année. Mais pourquoi un tel engouement ? D’abord parce que le bio se démocratise. C’est pour accompagner cette tendance que des professionnels ou de petites associations se lancent dans l’organisation d’événements. Avec des objectifs et des budgets différents : de 40 000 euros pour Génépi, organisé à Embrun, à plusieurs centaines de milliers d’euros pour Artemisia, à Marseille.
Bio…et bien-être
Mais qu’y trouve-t-on ? La plupart du temps, les exposants sont locaux et certifiés bio. Cependant, avec la multiplication des salons, certains peuvent être tentés de remplir les stands au risque de perdre leur âme. Parmi les tendances sujettes à polémique, la proximité entre bio et bien-être. Sous ce terme, on peut ranger toutes sortes de choses, qui agacent certains professionnels : de l’encens, des huiles supposées miraculeuses venues des quatre coins du monde, ou encore du coaching en développement personnel. « Il en faut pour tous les goûts, et il faut bien avouer que sur notre salon, c’est surtout le bien-être qui marche, justifie Sarah Gangloff, responsable des salons en région chez Spas, qui organise Artemisia. Les gens ne viennent pas forcément pour sauver la planète, ils viennent pour se sauver eux-mêmes, et se faire plaisir« .
Et la concurrence des magasins bio, notamment des supermarchés, commencerait également à se faire ressentir. « J’achète bio, alors dans les salons, je compare avec les prix du commerce et je n’achète que si je suis sûre que c’est moins cher« , lance une jeune maman au Week-end des découvertes écocitoyennes (WDE) de Bouc-Bel-Air.
Une vitrine pour les professionnels etles associations
Et des affaires, il est encore possible d’en faire, surtout auprès des petites structures locales, qui misent souvent sur les circuits courts et la vente directe. À l’image de Sylvie Harkas, animatrice commerciale chez Hom&Ter, venue vendre des cosmétiques et détergents biologiques, qui vend « environ 30 % moins cher pendant les salons« . Pour séduire, les organisateurs misent également sur les animations souvent assurées par des associations environnementales, qui en profitent pour délivrer leurs messages. « Les conférences et ateliers pratiques font le plein, parce que les gens viennent pour s’amuser et s’instruire« , se félicite Emmanuelle Klein, qui organise le WDE. « On mange bio pour le petit, mais on n’est pas militants. C’est vrai que pour nous, c’est avant tout une sortie en famille, histoire de ne pas rester devant la télé « , confirme Samantha, des Pennes-Mirabeau.
A chacun sa recette donc, pour réussir son salon. Ainsi, avec deux stratégies très différentes, Artemisia, qui mise sur le bien-être, et le WDE, plus orienté vers les animations familiales, obtiennent le même résultat: plus de 15 000 personnes affluent chaque année.
Retrouvez notre dossier spécial sur les foires et salons bio dans wiki2d le Mag’ n°6























