La chimie verte - Mardi 20 avril 2010

Source : Université Paul Cézanne - Mireille Attolini, Maître de Conférences Aix Marseille III

L’industrie chimique, qui a connu un essor considérable au cours du siècle dernier, a envahi aujourd’hui notre quotidien : tous les produits manufacturés sont chimiques ou étroitement liés à l’industrie chimique. Et malgré tout, la chimie possède une image négative auprès de l’opinion publique. Certes il est vrai que les problèmes de pollution sont dus à l’activité chimique ou devrait-on dire à l’activité humaine car finalement la chimie ne s’est-elle pas développée pour répondre aux besoins de l’Homme ?

A l’heure du développement durable et de la mise en place de REACH (règlement sur l’enregistrement, l’évaluation, l’autorisation et les restrictions des substances chimiques, entré en vigueur au 1er juin 2007), la chimie a depuis un certain nombre d’années pris conscience des dangers liés à son activité et des problèmes de tous les effluents générés : les industriels cherchent à minimiser les déchets et l’exposition à des substances toxiques en contrôlant les procédés à tous les stades. Aujourd’hui la démarche des chimistes consiste à mettre au point de nouveaux procédés utilisant des produits non toxiques et mettant en œuvre des réactions propres.

Cette approche radicalement nouvelle est le principe même de la chimie verte qui a pour objectif de traiter les problèmes à la source en réduisant, limitant les dangers. Dès l’adoption en 1990 de la loi de prévention de la pollution aux Etats-Unis, ce concept a été développé.

Par définition, la chimie verte a pour but de concevoir des produits ou des procédés chimiques qui réduisent ou éliminent l’utilisation et la production de substances dangereuses.

La chimie verte s’est considérablement développée ces quinze dernières années et repose sur 12 principes publiés en 1998 par Paul Anastas et John Warner (Green Chemistry: Theory and Practice, Oxford University Press: New York, 1998). Ces principes sont basés essentiellement sur l’économie et la sécurité : utiliser et créer des substances faiblement toxiques et plus sûres, réduire la quantité de déchets et l’élimination coûteuse des traitements en fin de procédé, minimiser les besoins énergétiques et avoir recours aux matières premières renouvelables.

Aujourd’hui, la chimie s’est tournée vers la mise en place de nouveaux procédés basés sur ce concept de chimie verte avec l’appui de la législation, une opinion publique favorable, une recherche innovante et un enseignement académique qui se développent dans ce sens,… mais l’aspect économique va jouer un rôle important dans la balance et ces nouveaux procédés devront être rapidement rentables sur les anciens pour être adoptés à l’échelle industrielle.