
Pour sa 8e édition, Babel Med, le festival marseillais de musiques du monde organisé ce week-end aux Docks des Suds, s’engage dans une démarche environnementale.
30 concerts, 4 à 5 000 personnes chaque soir, 2500 professionnels en journée, une centaine de personnes pour le « staff »…et une facture carbone forcément salée. Pour limiter leur impact sur l’environnement, les organisateurs de Babel Med ont décidé de passer au vert, comme de nombreux festivals de la région. « Nous y allons par étape, car c’est impossible de mener de front l’organisation d’un événement comme celui-ci et un virage vert à 180 degrés, commente Jean Hubert, responsable des questions d’éco-responsabilité pour l’association Latinissimo, qui organise Babel Med et la Fiesta des Suds. D’autant qu’il est difficile de changer les habitudes du public, qui se déplace avant tout pour faire la fête et pas pour qu’on lui fasse la leçon. »
Cette année, les actions se sont donc concentrées autour de deux axes: les transports et la restauration. »Nous avons l’avantage d’être en plein Marseille, et d’avoir le tramway qui arrive aux portes du festival, ce qui nous rend quand même les choses plus faciles« , admet Jean Hubert. MPM et la RTM leur ont même fait une fleur: les derniers trams s’arrêteront à 2h30 les soirs de concerts. Un coût supplémentaire de 6 000 euros que la Régie prend en charge. Un parking vélo surveillé et des sites de covoiturage (www.123envoiture.com ou www.envoituresimone.com) sont également là pour inciter les festivaliers à abandonner leurs voitures personnelles, et les artistes pourront se balader en véhicules électriques. Côté déchets, pour éviter aux festivaliers de patauger dans une mare de verres en plastiques, Babel Med mise sur les verres réutilisables consignés pour la partie publique, et les verres en carton pour le catering. Autre nouveauté, six toilettes sèches ont été installées par la société Chlorophylle. « Nous n’avons pas encore fait nos comptes, mais je dirai que cet engagement nous coûte près de 40 000 euros, auxquels s’ajoutent une aide de la Région de 10 000 euros, via le dispositif Agir« , estime Jean Hubert.
Une dynamique régionale
Car Babel Med suit le chemin tracé par d’autres festivals de la Région comme Marsatac, Jazz des cinq continents ou Mimi, qui ont bénéficié de l’aide de la Région et de l’Ademe pour passer au vert, qui ont mis en place deux dispositifs de soutien. Pour le volet conseil, une plateforme d’accompagnement des festivals éco-responsables, baptisée aér, a travaillé avec 134 festivals pour trouver des solutions concrètes permettant de faciliter la mise en place d’actions « vertes ». Côté financement, Agir, le programme de la Région qui regroupe toutes les démarches en matière d’économie d’énergie, dispose d’un volet consacré au soutien des écofestivals, assorti d’une enveloppe de 5 000 à 15 000 euros attribuée aux 35 projets accompagnés, soit un budget total de plus de 200 000 euros. Ces deux dispositifs devraient être reconduits jusqu’à 2014 pour aider toujours plus de manifestations à devenir éco-responsables.
Des pistes de réflexion pour Marseille Provence 2013
En matière d’événements éco-responsables, on attend aussi 2013, l’année de Marseille Provence capitale de la culture. « Nous avons conscience que tous les événements de cette année ne pourront pas être éco-responsables, mais il y a une volonté de travailler dans ce sens« , concède Laura Trappier, assistante de production chez Marseille Provence 2013. Pour l’instant, trois axes de travail ont été définis: lister les projets éco-responsables, portés par les partenaires ou produits par Marseille Provence 2013, aménager des lieux éco-responsables, qui bénéficient d’installations pérennes pour le tri des déchets ou l’assainissement par exemple, et « éco-communiquer », pour valoriser la démarche tout en étant cohérents. Pour avancer sur ce chantier immense, l’association bénéficiera d’une assistance à maîtrise d’ouvrage, cofinancée par la Région. Le choix du prestataire devrait être arrêté cet été.






















