
C’est une caverne d’Ali Baba où se côtoient l’intégrale des cassettes vidéos de Belmondo, des luminaires, des jeux pour enfants et même des pinces à linge.
Quand on met les pied au Recyclodrome, une « ressourcerie » installée depuis 2006 dans le quartier de Noailles, les yeux se posent sur toutes sortes d’objets de la vie quotidienne, des plus communs aux plus énigmatiques.
Petit tour du propriétaire dans cette boutique d’un nouveau genre, où les objets donnés par des particuliers ou des entreprises entament une seconde vie, alliant ainsi aspect pratique et écologique.
Car derrière ce bric à brac, il y a une véritable philosophie. « Le but est de lutter contre le gaspillage en favorisant le réemploi des objets, explique Marjorie Blanc, animatrice chargée de la prévention. Plutôt que de jeter, mieux vaut donner, car même un bout de bois peut-être valorisé et servir à quelqu’un d’autre ».
La valorisation justement, c’est le travail de Mathieu Reus, le bricoleur de l’équipe, qui cultive son côté Géo-trouve-tout. Dans le petit atelier attenant à la boutique, il est capable de créer un porte manteau avec des roues de vélo ou un luminaire avec un plot de chantier. Résultat : un nouvel objet prêt à l’usage, avec moins de déchets, et moins de prélèvement de matières premières.
“Un geste militant”
Mathieu est devenu « valoriste » après avoir travaillé dans la gestion des déchets. « Tous les jours, je voyais que la collectivité dépensait de l’argent pour détruire des objets qui auraient pu servir. Ca a été le déclic, se souvient-il. Avec un copain de promo, Cyrille Berge, il décide alors de créer un endroit où chacun pourrait venir déposer les objets dont il ne se sert plus, gratuitement, pour que ces derniers soient retapés et revendus à un coût moindre.
Le prix est déterminé en fonction du temps passé pour rénover l’objet. Quelques euros pour ces saladiers qui, dans une autre vie, étaient des hublots de machine à laver, jusqu’à quatre-vingt euros pour une lampe fabriquée à partir d’une bouée de mer. Et puis, il y a la petite histoire qui va avec la plupart de ces objets. Parmi les insolites, ce porte-manteau perroquet, qui a reçu une balle. « On s’imagine un règlement de compte dans un bar de la pègre, s’amuse Mathieu. Et parfois, on ne sait pas trop ce qu’on vend, ni à quoi ça sert. C’est ce qu’on appelle des objets de schmilblik ! ».
En 2009, quelques 12 tonnes de déchets ont été collectés par l’association, parmi lesquelles 5 tonnes ont été traitées et revendues. « On fait office de commerce de proximité dans ce quartier populaire, commente Marjorie. Mais acheter dans une ressourcerie, c’est aussi un geste militant pour beaucoup de nos clients ». D’ailleurs, l’association ne se contente pas de vendre des objets : elle organise régulièrement des actions de sensibilisation pour inviter les Marseillais à réfléchir sur les déchets qu’ils produisent. Avec un credo : « le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas »
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Pratique : Ouvert tous les mercredi de 9h à 20h. Les autres jours sont consacrés à la collecte et aux activités de prévention. Pour se débarrasser des objets dont on ne se sert plus, deux solutions : les amener directement à la ressourcerie, ou appeler l’équipe, qui viendra les récupérer à domicile. L’équipe récupère à peu près tout, à l’exception du gros électroménager et du matériel informatique. Contact : 21 rue Chateauredon, Marseille, 1er arr, recup@recyclodrome.org Pour trouver une ressourcerie près de chez vous, consultez le site du réseau national |

















