Recyclage : Le tri a ses ambassadeurs - Mercredi 20 octobre 2010

Source : Rédaction wiki2d - C.H. journalistewiki2d@gmail.com

A voir les poubelles déborder à Marseille, suite au mouvement de grève contre la réforme des retraites, on se dit que le tri, ce n’est pas gagné dans la région. Pas de quoi démotiver les quelque 120 employés de collectivités territoriales des régions PACA, Corse et Languedoc Roussillon, réunis hier, à l’occasion du deuxième forum régional des ambassadeurs du tri à l’Europôle de l’Arbois. Ordre du jour : trouver des idées pour inciter les citoyens à trier plus, et mieux.

La région fait encore figure de mauvaise élève en matière de tri (lire notre article), « mais il faut rester positif, nuance Thomas Fluzin, responsable communication d’Eco-emballages Centre Est. Le tri en France, ça fonctionne. On s’y est mis en 1992, et aujourd’hui, 63 % des emballages ménagers sont triés. »  Mais pour atteindre l’objectif de 75 % fixé par le Grenelle, il va falloir passer à la vitesse supérieure. En effet, la production de déchets par habitant devra diminuer de 7% chaque année, pendant les cinq prochaines années.

« Les ambassadeurs du tri sont là pour faire évoluer les comportements, car les supports de communications classiques ne suffisent pas, estime Yann Jacquard, responsable communication d’Eco-emballages Sud-Est. Pour convaincre les citoyens, il faut un contact humain et un vrai travail de terrain. » Eco-emballage compte sur ces forums d’ambassadeurs pour favoriser les échanges de bonnes pratiques entre collectivités. « L’idée est de leur permettre de se rencontrer pour parler de ce qui fonctionne ailleurs, mais aussi des difficultés qu’ils rencontrent sur le terrain, poursuit Yann Jacquard. Nous espérons les voir repartir avec des idées et des contacts, pour que les échanges continuent tout au long de l’année».

Parler du tri autrement

Car des initiatives originales, il y en a à la pelle.  « On peut essayer de parler du tri autrement, avance Lugdivine Clementi, ambassadrice du tri à Marseille Provence Métropole. Je trouvais mon discours lassant, j’avais l’impression de répéter toujours la même chose alors j’ai eu envie de faire rire les gens. » En 2007, avec une collègue, elle créé « les mémés marseillaises », une série de sketches sur le tri sélectif qui mettent en scène deux grands-mères avec l’accent, les perruques et les robes à fleurs. Et ça marche:  des représentations sont organisées dans les écoles ou encore au Festival Sciences Frontières et un DVD est édité. « Ça a vraiment changé ma manière de travailler et en même temps, j’ai eu l’impression que le message était mieux intégré par les gens, puisqu’ils pouvaient s’identifier aux personnages », conclut-elle. Autre piste : ne pas aborder le geste de tri que par l’angle environnemental. C’est l’idée de Stéphane Nunit, de la communauté d’agglomération Ventoux-Comtat Venaissin (84). Depuis 2008, la collectivité a lancé l’opération « Trions pour le Téléthon » : les habitants sont invités à recycler le verre, et les sommes récoltées grâce à la revente du matériau sont reversées au Téléthon. « Les gens peuvent faire une bonne action sans mettre la main à la poche, puisqu’ils ont juste à trier », résume Stéphane Nunit.

Autant d’idées qui peuvent permettre de conquérir de « nouveaux trieurs », notamment parmi deux publics encore réticents : les personnes vivant en habitat collectif, et les jeunes de 18 à 25 ans. « Paradoxalement, cette tranche d’âge est la plus informée sur le geste de tri, alors que c’est celle qui passe le moins à l’acte », remarque Yann Jacquard.

Métier : Ambassadeur du tri

Les ambassadeurs du tri sont recrutés par les collectivités territoriales pour assurer une mission de communication de terrain, auprès des citoyens, afin de les aider à mieux trier leurs déchets. Aujourd’hui, on compte près de 2000 ambassadeurs du tri en France, dont environ 300 en région Sud-Est.

Les chiffres : Trier, c’est utile !

Protection de l’environnement : Depuis la création d’Eco-emballages, en 1992, ce sont près de 30 millions de tonnes de matières premières qui ont été économisées grâce à la mise en place du tri sélectifs, soit dix-sept millions de tonnes d’émissions de CO2 évitées.
Economie : La collecte sélective coûte 17,6 euros par habitant et par an, contre 47,7 euros pour les ordures ménagères.

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