« Elles existent ». Les voitures écologiques, c’est un peu comme un mythe : on en parle beaucoup, et on en voit encore peu circuler sur les routes. C’est pour y remédier que le Club des voitures écologiques (CVE) organisait, les 7 et 8 juillet derniers, les premières Rencontres internationales des voitures écologiques (RIVE) à Alès. Le concept de ces journées inédites : parler de l’avenir des voitures écologiques, mais surtout permettre aux curieux de les essayer, pour passer au concret. Reportage.
Valérie Létard, Christian Estrosi, le Prince Albert de Monaco ou encore Jean-Claude Gayssot : les politiques ont défilé au RIVE, pour prendre place au volant des roadster de Tesla ou des Peugeot Ion. Pour son coup d’essai, le Club des voitures écologiques a réussi à déplacer une dizaine de parlementaires, une soixantaine d’élus locaux et une trentaine de professionnels du secteur automobile au circuit d’essai Alès. « L’originalité des RIVE, c’est d’associer des débats de fonds à la possibilité d’essayer les véhicules sur place, se félicite Marc Teyssier d’Orfeuil, l’organisateur de la manifestation. Et le faire à Alès, c’est sortir un peu du « parisianisme » : les voitures écologiques ne doivent pas être réservées aux bobos de la capitale. » Au passage, l’ancienne cité minière confirme son virage vert. « Plus d’industrie, pas d’autoroute, pas de TGV, Alès avait tout d’une orpheline, illustre Max Roustan, le député-maire d’Alès. Il fallait qu’on rebondisse et on a choisi de miser sur le développement durable. Ces rencontres sont donc une aubaine pour la ville ». Et alors que les ventes de véhicules décarbonés peinent encore à décoller en France, elles pourraient bien être un rendez-vous clé pour les industriels.
Les entreprises et les collectivités pour faire décoller les ventes de véhicules décarbonés
« Il est important que les constructeurs s’y mettent, et que les élus suivent, car ils peuvent vraiment donner une impulsion» clame l’ancien ministre des transports, Jean-Claude Gayssot. C’est d’ailleurs l’objectif de l’appel d’offres « Bailly », qui compte sur les collectivités et des grandes entreprises, comme La Poste ou France Télécom, pour passer une commande groupée de 50 00 véhicules électriques. Quand on sait que les véhicules des collectivités et des entreprises représentent un tiers des 2,5 millions de véhicules immatriculés chaque année, on comprend à quel point leur implication est déterminante. En avril dernier, douze collectivités se sont également engagées à développer le réseau public de recharges électriques, parmi lesquelles la Communauté du Pays d’Aix et Nice.
« L’industrie française ne doit pas rater le rendez-vous »
« En tant qu’élu, on doit donner l’exemple, pour que les gens arrêtent de douter des performances de ces voitures, complète Jean-Pierre Saez, maire de Venelles et vice-président de la Communauté du Pays d’Aix. Mais il faut aussi les inciter à investir dans ce type de véhicules. » La CPA a d’ailleurs prévu une aide de 2000 euros pour les véhicules propres achetés par les communes du pays d’Aix, et la mairie de Venelles apporte une aide de 1000 euros aux cent premiers particuliers qui achèteraient un véhicule décarboné. Mais si on agit sur la demande, il faut que l’offre suive. « L’industrie française ne doit pas rater le rendez-vous, insiste Louis Nègre, sénateur de Cagnes-sur-mer et rapporteur du Grenelle sur les transports. Si nous voulons des sites de productions français qui créent des emplois dans notre pays, nous devons être à la pointe de l’innovation. Aujourd’hui, cette filière n’existe pas alors que nous avons le premier plan de véhicules décarbonés au monde. » Un nouveau marché qui pourrait contribuer à maintenir les emplois dans un secteur automobile moribond.
Le reportage de Terre TV

