Marseille: Impulse, incubateur d’innovations - Vendredi 30 novembre 2012

Source : La Provence - Laurent Léonard

Retrouvez notre dossier spécial sur les entreprises innovantes de Paca passée par l’incubateur Impulse, à Marseille.

Créé en 2000 par les universités de l’académie d’Aix-Marseille, l’incubateur Impulse aide efficacement les chercheurs à valoriser leurs travaux. 3 projets sur 4 sont ainsi convertis en entreprises, dont le taux de survie est de 80%… Pourtant, que de réticences au début de l’aventure!

À ce jour, 100 entreprises innovantes de la région peuvent lui dire merci. Car c’est grâce à lui, en partie, qu’elles existent, pour les plus anciennes depuis dix ans, et qu’elles prospèrent. Lui? L’incubateur Impulse. Il est né en 2000, dans le cadre de la loi sur l’innovation et la recherche du 12 juillet 1999 initiée par Claude Allègre, alors ministre de la Recherche et de la Technologie. Une loi qui favorise, par un ensemble de dispositions, le transfert de technologies de la recherche publique vers l’économie et la création d’entreprises innovantes.

Impulse fut ainsi créé par les quatre universités de l’académie d’Aix-Marseille : les universités de Provence, de la Méditerranée et Paul-Cézanne (qui aujourd’hui ont fusionné et forment Aix-Marseille Université) et l’université d’Avignon. Plusieurs partenaires se sont ensuite joints à l’aventure : l’École Centrale Marseille, le CEA, le CNRS, L’ONERA, l’IRD et l’École nationale des Mines de Saint-Etienne.

Deux hommes vont être particulièrement actifs dans la mise en place de cette structure: le professeur José Sampol, biologiste, ancien chef de service à l’hôpital de La Conception et ancien vice-président de l’Université de la Méditerranée, aujourd’hui trésorier de l’incubateur, et le professeur Gilbert Peiffer, ancien président de l’Université Paul-Cézanne.

« Courage et pugnacité »

« À l’époque, l’idée même de valorisation de la recherche n’existait pas à l’université, explique le Pr Sampol. Les chercheurs n’étaient obnubilés que par les publications dans les revues scientifiques, en aucun cas par les brevets ». « Il manquait cette culture de l’entreprise au sein de l’université, ajoute le Pr Peiffer. Or on ne pouvait pas laisser perdurer la situation, parce que la recherche est potentiellement créatrice d’emplois ».

L’objectif est alors de sensibiliser les chercheurs, via les conseils scientifiques des universités. Une charte de la valorisation est transmise à tous les directeurs de recherche chargés de porter la « bonne parole ». L’État, les collectivités locales et les partenaires ont progressivement apporté des subventions, reversées par l’incubateur, sous forme d’aide financière à la création d’entreprise, aux chercheurs porteurs de projets. « Des cellules de valorisation jouant le rôle de relais auprès des laboratoires ont été créées dans chaque université pour traiter les contrats des chercheurs « , explique le Pr Peiffer. Lesquels chercheurs pouvaient être associés aux bénéfices de la société et bénéficié d’une délégation de gestion. « Tout cela a irradié en interne », témoigne le Pr Peiffer qui continue à aider l’équipe d’Impulse grâce à son réseau.

« Mais il a fallu du courage et de la pugnacité, se souvient le Pr Sampol. Il y a 12 ans, la valorisation de la recherche, c’était tabou. Combien de fois on a entendu dire: « Mais vous n’allez tout de même pas vendre la recherche publique au privé! » Aujourd’hui, cette même valorisation est incontournable. C’est un progrès considérable! Non seulement cela permet de créer des emplois, de faire tourner l’économie régionale et même nationale, mais aussi cela évite la fuite de nos éminents chercheurs à l’étranger. L’université est ainsi devenue un maillon essentiel de la compétitivité de tout un pays. Cette dynamique enfin enclenchée profite à tout le monde ».

Dans le top 5

De 4 à 5 projets présentés dans les premières années d’existence, l’incubateur est vite monté en puissance : ce sont aujourd’hui une dizaine de projets qui sont intégrés chaque année par son intermédiaire, soit le maximum permis par le ministère. Pour chacune, environ 40 000 euros de prêts remboursables sont octroyés. Un jury d’experts sélectionne très consciencieusement les projets. « 55% des projets sélectionnés sont lauréats du concours national d’aide à la création d’entreprises de technologie, c’est dire si la sélection de l’incubateur est professionnelle! », souligne le Pr Sampol.

Au final, « 75% des projets aidés sont convertis en entreprises et leur taux de survie est d’environ 80%« , se félicite Maxime Defous, directeur d’Impulse. Les 101 entreprises ainsi créées emploient 550personnes. Avec des levées de fonds privés de plus de 113 millions d’euros. « Le fait que l’incubateur fonctionne sur un mode associatif, en ayant son autonomie propre, donne beaucoup de souplesse et de réactivité, ce qui motive les chercheurs », estime le Pr Peiffer. Impulse est dans le top 5 des incubateurs universitaires les plus efficaces de France.

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