Dossier: Les festivals de l’été en mode durable - Jeudi 19 juillet 2012

Source : Rédaction wiki2d - Carole Hoareau redacwiki2d@gmail.com

Festival d’Avignon, Jazz des Cinq Continents, Voix du Gaou, etc. Les festivals de l’été battent leur plein. Mais ces chaudes soirées d’été, où vous allez vous déhancher devant la scène ou vous tordre de rire dans une salle de théâtre, ont leur lot de nuisances. Comment respecter la planète et donner un accès à tous, sans plomber l’ambiance?
Toute la saison, wiki2d s’intéresse aux initiatives mises en place par les organisateurs d’événements. Restez connectés à notre série de l’été!
C’est quoi un éco-festival?
Concerts, théâtre, danse ou art de rue: le secteur culturel multiplie les actions en matière d’environnement et d’accessibilité. Et le public s’y met.
Trier ses déchets ou s’initier à la pratique des toilettes sèches, en plein concert. Ces pratiques estampillées écolos, encore marginales il y a quelques années, pourraient bien se généraliser dans les festivals de la région. « Même sil’objectif premier d’un festival reste la rencontre entre un artiste et son public, il y a une véritable remise en question, autant du côté des spectateursque du côté des organisateurs d’événements, note Benjamin Durand, coordinateur de la plate-forme aér, chargée de l’accompagnement des éco-festivals à l’Arcade Paca. Tous ont conscience que les événements culturels polluent, parce qu’ils produisent des déchets, consomment de l’énergie ou émettent du CO2« . Ici comme dans le reste de la France, ce sont les festivals de musiques actuelles qui ont lancé de mouvement avec, en tête de file, Marsatac à Marseille ou Aires Libres à Saint-Martin-de-Crau. Et les autres ont suivi.
Prise de tête ou prise de conscience ?
Fatigués des lendemains de fête difficiles, à nettoyer des sites inondés de gobelets, canettes et autres restes de nourriture, c’est aux déchets que les festivals s’attaquent en priorité. À côté des baffles, des micros et des projecteurs, les festivaliers ont ainsi vu apparaître des poubelles de tri sélectif et des gobelets consignés.
Alors, prise de tête ou prise de conscience ? Les Provençaux, souvent critiqués pour leur manque de civisme, semblent prêts à faire des efforts. « On croise peu de réticents, et les habitudes commencent à être prises : les gens jettent de moins en moins par terre et font le tri volontiers, apprécie Anaïs le Floch, bénévole chez Aremacs, une association qui organise le tri sélectif et sensibilise les spectateurs sur plusieurs festivals. Après, notre objectif, c’est qu’ils le fassent pendant le festival, mais surtout chez eux.« 
Car c’est aussi l’une des missions que se donne le secteur culturel : contribuer aux changements des mentalités. Des artistes, comme Tryo avec sa chanson « Greenwashing », prônent et adoptent des comportements écocitoyens, sur scène ou en coulisses. Mais, si les festivals sont des lieux privilégiés de sensibilisation, pas question de faire la morale au public. « Pour être efficaces, les actions éco-responsables doivent apporter un certain confort« , juge Benjamin Durand. Ainsi les initiatives pour faciliter l’accès aux sites, en navette ou en transport en commun, se multiplient. Résultat: moins de pollution, et moins de galères.
Accessibles au plus grand nombre
« Mais les liens entre culture et développementdurable ne se limitent pas aux toilettes sècheset aux LED« , ironise Jean-Michel Lucas, auteur de Culture et développement durable. Ainsi, si les actions environnementales sont souvent la partie émergée de l’iceberg, de plus en plus de festivals sont conscients qu’ils sont parfois trop sectaires, excluant les personnes en situation de handicap, physique ou « social ».
Pas toujours facile de se frayer un chemin et d’y voir quelque chose quand on est en fauteuil… Du coup, certains festivals, comme Jazz des Cinq continents à Marseille, aménagent des espaces pour les personnes à mobilité réduite, ou encore une boucle magnétique permettant aux personnes malentendantes de profiter de la musique.
Pour favoriser l’accès à la culture aux publics défavorisés, certains événements proposent des tarifs spéciaux, ou vont à la rencontre du public, dans les écoles ou les centres sociaux, pour désacraliser le théâtre, la danse ou l’art lyrique. Pour des événements propres et solidaires.
« Les déchets qui nous posent le plus de problèmes, ce sont les mégots »
C’est le constat d’Arnould Perrier, de l’association de trieurs Aremacs. Car, s’ils sont faciles à jeter, ils sont très difficiles à ramasser. Et dans la nature, un mégot de cigarette avec filtre, qui contient de l’acétate de cellulose, peut mettre une dizaine d’années à se dégrader. Pour tenter de limiter cette pollution, certains festivals distribuent des cendriers de poche ou mettent en place des « coins fumeurs », dotés de bacs à sable, pour faciliter le nettoyage du site après l’événement. Mais le plus simple, c’est d’y penser quand vous en grillez une !

Lire la suite de notre série de l’été:

Festival d’Avignon: Quel bilan environnemental pour l’édition 2012?Bagnols-sur-Cèze: Un festival re(ggae)sponsableCosmopoli’zen met les femmes à l’honneur à VitrollesAix-en-Provence veut démocratiser l’art lyriqueSix-Fours préserve le GaouMarseille Rock Island mixe musique et développement durable

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