Bagnols-sur-Cèze: Un festival re(ggae)sponsable - Lundi 30 juillet 2012

Source : Rédaction wiki2d - Carole Hoareau redacwik2d@gmail.com

Pour sa 21e édition, le festival de reggae, organisé dans le Gard depuis 2010, poursuit son engagement environnemental.

Toute une ville aux couleurs de la Jamaïque. La semaine dernière, quelque 50 000 festivaliers ont afflué à « Kingston-sur-Cèze » pour le Garance Reggae Festival. Sur scène, les pointures du reggae ont assuré le show dans une ambiance à la fois zen et survoltée. Comme lors du concert de Mr Vegas, ce jeudi. Pendant près d’une heure, le jamaïcain, qui semble monté sur ressort, enchaîne les titres dance hall qui ont fait son succès, à l’instar de Heads High ou Tamalee. Et dans la foule, on « pull up », avec son gobelet consigné à la main. Ce verre en plastique aux couleurs du Garance, c’est le symbole le plus visible de l’engagement éco-responsable du festival. Une démarche entamée en 2010, quand les organisateurs ont fait le choix de quitter Bercy, lieu d’accueil historique de l’évènement depuis près de vingt ans, pour s’installer sur les rives de la Cèze, au parc Arthur Rimbaud.

60 000 euros consacrés au volet environnemental

Avec un budget de 60 000 euros consacré à la partie« éco-festival », toute une série d’actions éco-responsables ont pu être mises en place. Cette année, ce sont près de 70 000 gobelets siglés « Garance » qui sont passés de main en main. « C’est la première chose qu’on remarque, avec les toilettes sèches, qui sont plutôt pas mal », remarque Roxane, une spectatrice. « On apprécie également d’avoir des infos sur le covoiturage et les transports en commun », ajoute un jeune couple, venu se renseigner sur les horaires des navettes vers la gare TGV.

« Nous n’avons jamais fait de bilan carbone, mais on se doute qu’en faisant venir des artistes de Jamaïque, ça ne sera pas terrible. Du coup, nous essayons de jouer sur tous les postes que nous pouvons maîtriser, comme la production de déchets », justifie Arnaud Lavergne, responsable communication chez Garance, en charge du volet éco-festival.

22% des déchets valorisés

Sur ce volet, les organisateurs travaillent avec la municipalité, la communauté d’agglomération Rhône-Cèze-Languedoc et le Sitdom – le syndicat intercommunal de traitement des déchets et ordures ménagères de Bagnols-sur-Cèze et Pont-Saint-Esprit. Un véritable défi pour les services propreté de la ville gardoise, qui compte habituellement près de 20 000 habitants. « Pendant ces quatre jours, deux collectes quotidiennes « spécial festival » ont été mises en place pour récupérer les déchets du parc et du camping», précise Michel Filloz, responsable du service technique de la ville de Bagnols-sur-Cèze.

Des poubelles pour le tri sélectif ont été installées sur l’espace concert ainsi qu’au « Kingston Village », où séjournent quelque 8 000 personnes. « La sensibilisation au tri sélectif est plus facile sur l’aire d’accueil, où une cinquantaine de bénévoles encadrés par l’association Les Connections se relaient pour aller à la rencontre des festivaliers« , détaille Arnaud Lavergne. Concrètement, à leur arrivée, les campeurs reçoivent trois sacs de tri – un pour les ordures, un pour le verre et le dernier pour les emballages recyclables – et une soixantaine de totem sont répartis sur l’ensemble de l’aire.

« Les bénévoles sont là pour leur expliquer que que si on veut revenir l’année prochaine, il faut laisser l’endroit propre», poursuit Arnaud Lavergne. Ce dispositif, mis en place l’an dernier, et financé pour moitié par la collectivité, a permis de valoriser 22% des 80 tonnes de déchets produites pendant le festival. Et malgré l’affluence – près de 15 000 spectateurs par soir – on trouve peu de détritus dans l’herbe sèche du parc Rimbaud, où se déroulent tous les concerts.

Régime ital

Alors, exemplaires les reggaeman ? « C’est sûr, c’est un public plutôt réceptif, mais même s’ils jouent le jeu, ils sont évidemment là pour la musique, donc il ne faut pas chercher à trop en faire », juge Arnaud Lavergne. Une sensibilité qui se retrouve dans la culture « rasta », notamment quand on parle alimentation.

A côté des classiques sandwich et churros, les festivaliers ont ainsi pu manger bio et « ital», du nom du régime rastafari, qui bannit les produits d’origine animale mais aussi toute altération de la nourriture: pas de congélation, de colorants ou de conservateurs. Presque le régime bas carbone idéal, en somme.

Le Chiffre:

Les toilettes sèches, installées par les Gandousiers, ont permis de produire 30 tonnes de compost

Vidéo:Un extrait de la performance de Mr Vegas, au Garance Reggae Festival 2012



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