Sommet Rio+20 : La Fondation Nicolas Hulot livre son analyse et ses recommandations - Vendredi 22 juin 2012

Source : Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme - m.lorand@fnh.org

IUN Photo/Guilherme Costa

nterrogé le 8 juin dernier, dans le cadre du Forum de lancement de Rio, Nicolas Hulot n’a pas mâché ses mots : « Il vaut mieux un crash diplomatique à Rio que des engagements mous ». « On ne peut plus s’arc-bouter sur de beaux discours, on est le dos au mur. Il faut que la France monte d’un cran dans sa radicalité, ses exigences… ». À travers le 14e numéro de sa collection « Veille et propositions », pour l’occasion dédié au Sommet de Rio, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme revient sur le bilan des 20 dernières années, livre son analyse et ses recommandations.

→ Cette publication est téléchargeable sur www.fnh.org.

20 ans après le Sommet de la Terre, la situation écologique de la planète s’est nettement dégradée. Les émissions de gaz à effet de serre n’ont jamais été aussi élevées, l’érosion de la biodiversité se poursuit, la qualité dégradée des sols agricoles menace à moyen terme la sécurité alimentaire mondiale… Et pour couronner le tout, la crise économique et financière s’est invitée à la table des festivités.

Si la conférence des Nations unies pour le développement durable de Rio+20 ne marque pas un tournant dans notre manière d’appréhender les limites physiques du monde, nous risquons fort d’entrer de fait dans une nouvelle ère des relations géopolitiques, marquées par un retour des compétitions aux ressources naturelles. Au regard de la violence sociale et environnementale qui s’exerce déjà autour de certaines d’entre elles, en particulier sur l’énergie et l’accaparement des terres, c’est aussi de la paix qu’il sera question à Rio.

5 principes pour éviter un vain sommet

Pour que les maigres acquits des 20 dernières années ne soient pas sacrifiés sur l’autel du court-termisme, la Fondation Nicolas Hulot milite en faveur de 5 principes clés :

- Définir un droit d’accès universel à l’eau, l’énergie et l’alimentation.

- Mettre fin aux subventions à la production d’énergie fossile et les réorienter vers les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

- Lancer un vaste programme pour lutter contre l’accaparement des terres.

- Trouver un accord pour la mise en place, d’ici 2015, d’une taxe sur les transactions financières internationales et d’une contribution du secteur aérien et maritime au financement de la transition écologique des pays du Sud

- Créer une organisation mondiale de l’environnement, doté de mécanismes juridiques s’opposant à l’OMC.

Ces éléments, dont la plupart sont discutés de manière récurrente dans de nombreux sommets, devraient a minima faire partie de la déclaration finale du sommet, et trouver leur prolongement dans un programme de travail permettant des avancées concrètes dans les 3 prochaines années.