La diffusion mercredi 20 juin à 23h50 sur France 3 du film « Calanques, une histoire empoisonnée » va donner à réfléchir à tous ceux qui fréquentent régulièrement le massif ; c’est le moins que l’on puisse dire. Ce reportage extrêmement bien documenté et s’appuyant sur des études scientifiques récentes, révèle en effet la face cachée d’un site exceptionnel dont les paysages enchanteurs occultent aux yeux des visiteurs le mal sournois qui le ronge depuis un siècle.
Ayant accueilli dès le début des années mille neuf cent les activités les plus polluantes que la cité phocéenne souhaitait éloigner de son centre urbain, les calanques ont ainsi concentré au fil du temps des doses impressionnantes de plomb, d’arsenic, de cadmium, d’ammoniac, de cuivre, de zinc, de soufre et autre acide sulfurique, notamment autour des usines où étaient fabriqués ces produits hautement toxiques ; produits rejetés au plus près des zones de production ou transportés sur de longues distances par les vents dominants. C’est notamment le cas de la calanque de l’Escalette où se trouvait la plus grande usine française de fabrication de plomb, mais aussi des Goudes où des habitations ont été construites sur le crassier résultant de la transformation en plomb de la fameuse galène importée d’Espagne.
Boues rouges et eaux usées
À l’Escalette où l’amoncellement de scories atteindrait un volume de près de 60 000 m³, le Dr Isabelle Laffont-Schwob, de l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie, a mesuré des concentrations de 12 % de plomb et de 3 % d’arsenic, soit pour ce dernier une valeur mille fois plus élevée que la moyenne des sols français






















