
PM10, ozone, dioxyde d’azote. Près d’un tiers des citadins européens sont exposés à des concentrations excessives de particules en suspension dans l’air.
C’est ce que rappelait un récent rapport de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE). Présentes en concentration importante dans l’air de notre région, les particules figurent parmi les polluants les plus nocifs pour la santé humaine, car elles pénètrent dans certaines parties sensibles du système respiratoire.
Maladies cardiovasculaires, troubles respiratoires, asthme, allergies, toux chroniques, irritations ou encore cancers du poumon, sont autant de pathologies causées ou aggravées par la pollution de l’air. Une pollution qui a aussi d’autres conséquences parfois moins connues sur l’environnement, comme l’eutrophisation, c’est-à-dire la croissance excessive des algues et des végétaux dans l’eau, ainsi que la réduction des rendements agricoles, une diminution de la croissance des forêts et des répercussions sur le climat.
Les particules sur le devant de la scène
« L’air est un mélange constitué de 78% d’azote, 21% d’oxygène et seulement 1% de composés divers (argon, dioxyde de carbone, gaz rares et autres composés fabriqués par l’Homme). Les polluants représentent moins de 0,05% de la composition de l’air mais cette fraction, si faible puisse-t-elle paraître, peut avoir un impact important sur la santé et les écosystèmes« , rappelle l’Association santé environnement France.
Les plus dangereux sont les particules (PM). Les auteurs du rapport de l’AEE estiment qu’en 2010, 21 % de la population urbaine a été exposée à des concentrations de PM10 supérieures aux valeurs limites journalières de l’UE. Près de 12 millions de Français ont vécu en 2011 dans des zones n’ayant pas respecté ces valeurs, selon un bilan de la qualité de l’air pour l’année 2011 réalisé par le ministère de l’écologie. Jusqu’à 30 % de la population urbaine a été exposée à des concentrations de particules plus fines (PM2,5) supérieures aux valeurs limites annuelles de l’UE.
Mais les médecins préfèrent habituellement se référer aux niveaux de l’OMS, qui sont plus stricts que ceux imposés par la législation européenne. Selon ces derniers, respectivement jusqu’à 81 % et 95 % des citadins ont été exposés à des concentrations de particules qui dépassent les valeurs de référence. Un écart « qui souligne l’urgence de réexaminer prochainement la législation en matière de qualité de l’air« , selon l’AEE.
O3, BaP, No2: un cocktail détonnant
La pollution à l’ozone (O3), très médiatisée dans notre région qui connaît des pics surtout pendant l’été, est également préoccupante, surtout dans les villes. En 2010, 17 % des habitants des zones urbaines de l’UE ont été exposés à des concentrations supérieures à la valeur cible de l’UE pour l’ozone. Un chiffre qui grimpe à 97 % si l’on s’en tient au niveau de référence de l’OMS. L’exposition des terres arables à l’ozone est également responsable de pertes agricoles.
Le dioxyde d’azote (NO2) quant à lui, est une cause majeure d’eutrophisation et d’acidification, et contribue également à la formation de particules et d’ozone. En 2010, 7 % des Européens vivant en milieu urbain ont été exposés à des niveaux de NO2 supérieurs aux valeurs limites de l’UE. Le benzo(a)pyrène (BaP) est un agent cancérogène auquel près de30% de la population urbaine de l’UE a été exposée dans des concentrations dépassant la valeur cible de l’UE en 2010. Un chiffre en augmentation, puisqu’il était de 20% en 2008. Viennent ensuite le dioxyde de soufre (SO2), dont les émissions ont été réduites notamment grâce la diminution des quantités de soufre dans les carburants. Enfin, les concentrations de monoxyde de carbone, de benzène et de métaux lourds (arsenic, cadmium, nickel, plomb) dans l’air extérieur sont généralement faibles, localisées et sporadiques.
Des conséquences sanitaires et financières
«La politique de l’Union européenne a permis de réduire les émissions de nombreux polluants au cours de la dernière décennie, mais nous pouvons aller plus loin encore. Dans de nombreux pays, les concentrations de polluants atmosphériques demeurent supérieures aux limites légales et recommandées fixées pour protéger la santé des citoyens européens. En fait, la pollution atmosphérique réduit notre espérance de vie de près de deux ans dans les villes et les régions les plus polluées», déclarait Jacqueline McGlade, directeur exécutif de l’AEE, dans un communiqué.
Les conséquences financières sont importantes, d’abord parce que les pays en infraction doivent payer des amendes pouvant s’élever à plusieurs centaines de millions d’euros, et ensuite parce que la pollution augmente les dépenses de santé publique.
En mai 2011, la Commission européenne a ainsi assigné la France devant la Cour de justice pour non-respect des valeurs limites de qualité de l’air applicables aux particules en suspension, les PM10. L’Autriche, la Belgique, le Danemark, la Grèce, la Hongrie, la République slovaque et la Roumanie sont également dans le viseur de l’UE.
Pour poursuivre les actions en matière de lutte contre la pollution de l’air, Janez Potočnik, membre de la Commission européenne chargé de l’environnement, suggérait que 2013 soit l’Année de l’Air.
Pour aller plus loin:






