
On les disait bientôt bannis des centres-villes, avec la naissance des ZAPA (zones d’actions prioritaires pour l’air). Mais lors d’une réunion de travail organisée le 20 septembre dernier par le ministère de l’Ecologie, l’interdiction des véhicules pollants des centres-villes a été jugée injuste et inefficace. Un diagnostic que confirme la Commaunauté du Pays d’Aix, qui fait partie des territoires pilote à tester les fameuses ZAPA.
La Communauté du Pays d’Aix a ainsi réalisé une étude afin de mesurer l’effet des actions programmées dans ce cadre et leur impact sur la réduction de la pollution atmosphérique, comparé au maintien de la situation actuelle.
« Il ressort de ce diagnostic, réalisé sur les 500 hectares de la commune d’Aix-en-Provence concernés par le périmètre Zapa, que la mise en œuvre de mesures coercitives, comme l’interdiction de circulation de certains véhicules en centre ville, ne permettrait pas d’obtenir un gain qualitatif substantiel par rapport au dispositif volontaire programmé par la Communauté du Pays d’Aix en matière de transports (…) L’étude montre notamment que la mise en place d’une restriction de circulation en centre ville de vieux véhicules aurait pénalisé les ménages à faibles revenus sans avoir de réel effet sur les quartiers Ouest de la ville où 25 000 personnes vivraient toujours au delà des valeurs limites de dioxyde d’azote (NO2) et de particules inférieures à 10 micromètres (PM10), notamment sur les quartiers d’ Encagnane et de Corsy », conclut la collectivité, dans un communiqué.
Mesures incitatives vs mesures coercitives
Les premiers résultats devraient conduire à une réorientation du dispositif ZAPA, qui sera revu d’ici janvier, selon la ministre de l’Ecologie Delphine Batho. La CPA, elle, a décidé de continuer à travailler sur le dispositif, en privilégiant les mesures incitatives plutôt que des mesures coercitives. Pour lutter contre la pollution de l’air, trois axes prioritaires ont été définis : la mise en place des deux premières lignes du bus à haut niveau de service, la poursuite de la piétonisation du centre ville et la refonte des axes de circulation sur les quartiers Sud et Est.
Une position que partageait le Dr Patrice Halimi, secrétaire Général de l’Association Santé Environnement France (ASEF) qui s’exprimait précédemment dans nos colonnes. »Si cette initiative n’est pas mise en perspective dans un schéma global et cohérent de développement des transports en commun, elle ne sera qu’un gadget de plus sans véritable effet », jugeait-il.
Selon les projections réalisées sur le périmètre Zapa d’Aix, soit 500 hectares, les mesures incitatives souhaitées par la CPA permettraient de passer de 6 854 358 véhicules/km/an en 2009 à 7 137 846 véhicules/km/an en 2015, soit environ 120 000 de moins que si rien n’est fait. Conséquence: on passerait de 35 000 habitants exposés à des quantités trop élevées de NO2 à 29 000 habitants. Même diminition pour le PM10: on passerait de 8 000 habitants à 5 600 habitants exposés à des taux trop importants de particules.
Les propositions du comité interministériel sur la qualité de l’air sont attendues d’ici janvier prochain






















