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Une nouvelle réglementation européenne sur la qualité des eaux de baignade va obliger Marseille à redoubler d’efforts d’ici 2015. Si rien n’est fait, sept plages risquent la fermeture.
Marseille interdite à la baignade en 2015. Un scénario inquiétant, mais fortement probable si la nouvelle directive européenne sur les eaux de baignade, qui entrera en vigueur d’ici trois ans, était en application aujourd’hui. «C’est énorme, 7 plages fermées sur 21 ! » s’exclame Marc Valmassoni, responsable du laboratoire Méditerranée de Surfrider Foundation à Marseille.
Outre les dysfonctionnements de certains réseaux d’assainissement, c’est surtout l’Huveaune qui pose problème. Pourtant entièrement traité en station d’épuration, le fleuve déborde lors de violents orages, et les eaux usées sont directement rejetées à la mer. Le seuil de tolérance des polluants bactériologiques de la future directive sera beaucoup plus drastique. Alors que les analyses réalisées par la ville se concentrent principalement pendant la période estivale, Surfrider effectue des prélèvements tout au long de l’année. « On communique nos résultats à la mairie après des analyses dans nos laboratoires. On est en interaction permanente avec les services territoriaux » confie le scientifique.
La municipalité travaille aussi sur un « Contrat de Baie ». L’objectif : construire des bassins de rétention sur les versants. Le projet regroupera l’ensemble des communes et la communauté urbaine Marseille Provence Métropole, sur la question des eaux pluviales des bassins de l’Huveaune, du Jarret et des Aygalades, les trois fleuves côtiers de la rade.
Chasse aux déchets sur les plages
La propreté des plages passe aussi par le ramassage des déchets. Isabelle Poitou, présidente de l’association « Mer-terre », traque depuis 10 ans les macrodéchets ou déchets « visibles à l’oeil nu ». Pour quantifier la masse de poubelles, la scientifique a crée « un observatoire des déchets en milieu aquatique » (ODEMA). « Des emballages plastiques, des cotons tiges, des bouchons ou encore des mégots, autant d’objets de la vie quotidienne qui sont ramassés sur nos plages, soit 600 litres de déchets par jour et par kilomètre de côte. Il faut faire prendre conscience qu’ils finissent à la mer ».
Depuis plusieurs années, Surfrider organise également des opérations de sensibilisation aux méfaits des déchets aquatiques, couplées à une opération de nettoyage des plages. « Ce sont des opérations d’envergure à but pédagogique, l’objectif est de sensibiliser les gens à la pollution de l’eau », explique Benjamin Van Hoorebeke, chargé de mission Education Méditerranée, « mais c’est un travail de longue haleine ».
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