
Cheveux aux vents, wiki2d a embarqué sur Helios, le premier navire français à passagers qui utilise une propulsion hybride diesel électrique. L’occasion de découvrir les calanques de Marseille (presque) sans polluer.
La balade dans les calanques, c’est un incontournable pour les touristes de passage à Marseille. Oui mais voilà, entre les haut-parleurs, le bruit des moteurs et les gaz d’échappement qui vous chatouillent les narines, on se dit qu’on arrive avec ses gros sabots de pollueur dans cet espace naturel fragile.
Du coup, monter à bord d’un bateau écolo, l’Helios, de la compagnie Icard Maritime, c’est quand même un peu plus classe. Et la surprise commence dès la sortie du Vieux-Port, où l’on entend rien d’autre que la rumeur de la ville (et les travaux!). Il faut attendre de dépasser le Pharo pour découvrir le rugissement du moteur…et se dire qu’on était quand même bien, sans ce fichu diesel.
« L’idéal serait de tout faire en électrique, mais le trajet est trop long pour pouvoir se passer du diesel. On arrivera peut-être un jour à avoir assez de puissance et des batteries moins encombrantes« , confie Jean-Michel Tobia Mercatello, le capitaine qui avoue être tombé amoureux d’Helios dès la première manoeuvre.
Le « ksss ksss » des cigales

Heureusement, à Sormiou, il coupe les moteurs, et cette fois, on est surpris par le bruit assourdissant…des cigales! C’est d’ailleurs ce qui a poussé Jean-Michel Icard, président de la compagnie, à se lancer dans la construction de ce bateau, en 2009:
« Lors d’une traversée je me suis rendu compte qu’à cause des moteurs, je n’entendais pas le chant des cigales. Et j’ai eu honte. Je me privais de ce plaisir, j’en privais mes passagers, et en plus je dérangeais les personnes qui se baignaient dans les calanques.«
Dès lors, Jean-Michel Icard se met à rêver à un bateau silencieux. Après des mois de travail avec Jean-Jacques Brasse, le cabinet d’architecture navale Mauric, la société Mayday Electronique et le chantier naval Gatto, Helios voit le jour. Concrètement, la coque est celle d’une vedette classique, à laquelle une propulsion hybride a été ajoutée. L’addition est salée: 1,7 millions d’euros, soit 300 000 euros de plus qu’un bateau diesel.
20 tonnes de CO2 en moins
Un investissement rentable ? Si le bénéfice écologique est quantifiable – en économisant 13 litres de gazole par traversée, Helios se vante d’éviter l’émission de 20 tonnes de CO2 chaque année – le calcul économique est plus complexe.
« Le prix de la balade est le même, que vous embarquiez sur Helios, l’Aiglon ou les bateaux de Marseille Croisières Calanques. Nos deux compagnies font partie du même groupement d’intérêt économique. Je ne cherche donc pas à gagner des parts de marché« , commente Jean-Michel Icard.
Philanthrope M. Icard? Un peu, même s’il concède qu’il espère que le système développé pour Helios, aujourd’hui breveté, puisse intéresser d’autres compagnies. En tout cas, les passagers, qui sont montés sans savoir que le bateau était hybride, sont conquis. D’ailleurs, beaucoup chuchotent, sans même s’en rendre compte, comme Philippe et sa petite famille, venue d’Aix-en-Provence :
« C’est la première fois qu’on prend un promène-couillons, et maintenant qu’on sait qu’il est électrique, on se sent moins couillons!«
Vivez la balade en images (photos C.H et Chloé Michelon)







Pourquoi i,titulder l’article LE PROMENE COUILLON, ce n’est pas intelligent
Parce que c’est le nom qu’on donne à ces bateaux à Marseille, et que lors des interviews, c’est ce que plusieurs personnes se sont amusées à me dire, y compris le capitaine. Cordialement.