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Terpènes, formaldéhydes ou encore benzène. Ces substances sont probablement présentes dans l’air que vous respirez en ce moment, si vous êtes entre quatre murs. Un air qui serait jusqu’à dix fois plus pollué à l’intérieur qu’à l’extérieur. Mise au point avec le docteur Pierre Souvet, président de l’Association santé environnement Provence.
Plusieurs études montrent que l’air de nos habitations serait plus pollué que l’air extérieur. Pourquoi?

Nos habitations, souvent mal aérées, sont en effet plus polluées que la plupart des endroits soumis à la pollution de l’air extérieur. Alors évidemment, si on est sur un trottoir à Rabateau, c’est peut-être un peu différent!
A la maison, à l’école ou au bureau, on retrouve d’abord des microparticules, du benzène et des oxydes d’azote, qui viennent de l’extérieur et qui pénètrent dans l’habitation, d’autant plus si elle est à côté d’une route.
Ensuite, des éléments « intérieurs » viennent polluer l’air. Ce sont les substances libérées par la fumée de cigarette, les produits d’entretien, le mobilier, les peintures, etc. On parle de composés organiques volatils (COV), qui sont neurotoxiques comme le toluène, ou cancérigènes, comme le formaldéhyde. Cette pollution est aussi plus dangereuse car on passe 20 à 22h à l’intérieur, à la maison, au bureau ou à l’école. On y est donc soumis beaucoup plus longtemps.
Aujourd’hui on veut limiter au maximum les déperditions caloriques mais il faut néanmoins aérer minimum 15 minutes par jour, si possible le matin et le soir. Evidemment, si vous habitez près d’une route, il faut choisir les heures de moindre circulation. Il faut arrêter de croire que ce geste va rafraîchir l’air de la maison de façon considérable. La reconstitution de la chaleur dans la maison est très rapide, alors aérez!
Quelles sont les conséquences sur la santé?
Elles sont difficiles à mesurer avec certitude. Une étude menée dans des écoles primaires par l’Inserm montrait que la pollution de l’air intérieur entraînait une augmentation de l’asthme et des rhinites chez les enfants scolarisés. Mais des pathologies plus graves peuvent se développer à cause d’une exposition prolongée à des substances cancérigènes.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, la pollution de l’air intérieur serait responsable de deux millions de décès prématurés, principalement dans les pays en développement, où l’on se chauffe encore au charbon. En France, on parle de 5000 morts. En comparaison, l’intoxication au monoxyde de carbone causerait 100 décès par an. Mais est-ce que ce chiffre reflète vraiment la réalité? On n’en sait rien.
Comment se protéger?
Il faut commencer par supprimer tous les produits potentiellement toxiques de son intérieur. Et pour cela, il faut avoir une idée précise de ce qu’on achète. Pour l’instant, ce n’est pas toujours simple. Dans notre étude sur les lits bébé, même les lits en bois massif généraient des formaldéhydes… Dans quelques mois, les étiquettes devront obligatoirement afficher les niveaux d’émission en polluants volatils de tous les nouveaux produits de construction et de décoration, ce qui permettra d’y voir un peu plus clair.
Ensuite il faut se méfier des faux amis, comme les batons d’encens ou les désodorisants, qui génèrent des produits toxiques. Pour échapper aux mauvaises odeurs, il vaut mieux aérer au lieu d’ introduire des produits potentiellement dangereux dans votre habitation. Il ne faut pas se laisser prendre aux pièges du marketing.
Retrouvez tous les conseils de l’ASEF et ses petits guides pratiques sur le site de l’association
Des études pour aller plus loin:
L’étude de l’UFC-Que choisir sur la pollution de l’air intérieur
Santé et qualité de l’air sur le site de l’OMS
Le rapport de l’Ineris sur les étiquettes « qualité de l’air intérieur »






















