
Sur la route qui mène d’Eguilles à Pelissanne, Manon Beaumont s’est installée agricultrice il y a quelques années. Pour ne pas laisser en jachère les hectares travaillés jusqu’alors par son père et pour servir à sa clientèle des fruits et des légumes bio. Le poivron en est.
De toutes les formes et, presque, de toutes les couleurs : c’est le poivron, vert, rouge, jaune, orangé et parfois violet. Une culture pratiquée « plein champ » par Manon Beaumont dans son « jardin » à quelques encablures du centre d’Eguilles, à neuf kilomètres d’Aix-en-Provence. Enfant du pays, la jeune femme a commencé dans la pub avant de bifurquer vers la terre.
Précurseurs
Un virage qu’elle raconte en souriant : « Mon père, qui fut l’un des premiers à pratiquer l’agriculture bio dans la région, en a eu un peu marre, un jour, des contraintes liées au travail de la terre. Il s’est arrêté, a acheté des chèvres puis il est parti s’installer dans le Vaucluse… En 2004, donc, je n’ai pas vraiment longtemps hésité pour reprendre les terres. Notamment les deux hectares de maraîchage. Mon grand-père disait toujours qu’ici la terre était excellente, et c’est vrai qu’elle est foncée et riche et surtout très saine. Nous sommes en bio depuis 1988 et avons obtenu le label AB en 1993. «
Alors, à deux pas d’une invraisemblable collection variétale de tomates, tout contre les rangées d’aubergines blanches, mauve foncé et noire, elle a planté des rangées de poivrons : et ici, il y en a pour tous les goûts. Le petit marseillais côtoie le traditionnel poivron charnu qui peut se consommer vert et qui va prendre des couleurs en mûrissant sans perdre de son intérêt gustatif, le corne de bœuf ou corne de taureau qui peut être l’un des poivrons les plus longs que l’on trouve sur le marché ou encore le paprika…
Rotation des cultures
Pour Manon Beaumont, la saison du poivron, tout comme celle d’autres légumes estivaux, déborde largement sur septembre, voire octobre. Il faut dire que l’évolution climatique de ces dernières années favorise le mode de culture de la jeune femme qui a tendance à mettre en terre ses plants de légumes un peu tard dans la saison histoire d’en faire profiter plus longtemps sa clientèle. Et chez elle on est loin de l’agriculture intensive. « Déjà, nous sommes assez exposés au mistral. Il faut donc cultiver en plein champ des plants assez bas afin qu’ils ne se cassent pas. Nous pratiquons la rotation des cultures. Jamais le même légume au même endroit une année sur l’autre. Enfin, bio oblige, le seul engrais qui enrichit ici les sols est celui constitué par le fumier de l’âne, des chevaux, il y en a une trentaine, et des poules, il y en a 250, qui vivent sur l’exploitation. Puis il faut arroser ! »
Ici rien ne se perd. Ou presque. On pratique le recyclage intelligent. Les déchets des légumes du jardin nourrissent les volailles qui, élevées en plein air, donnent des œufs aussi beaux et bons que sont les conditions d’existence de celles qui les pondent.
Paniers bio sur internet
Pour en revenir aux poivrons, notre fermière est adepte de la simplicité lorsqu’il s’agit de les consommer. « Coupés en petits cubes et poêlés avec un peu d’huile d’olive. On peut y rajouter un peu d’ail pressé. Quant au poivron marseillais je le farcis au fromage de chèvre frais mélangé à un peu de ciboulette, avec de l’huile d’olive. Cinq minutes au four et le tour est joué ! Avec une bonne salade verte, c’est divin. » Afin de permettre à ses fruits et légumes d’être accessibles par le plus grand nombre, Manon Beaumont développe, pour l’automne, un service de « paniers bio » sur son site internet. De nombreuses communes autour d’Aix pourront être servies par des véhicules électriques et d’autres au gaz naturel. En attendant Manon vous accueille à la ferme à Eguilles ou vous donne rendez-vous sur le marché des producteurs d’Aix, place des prêcheurs. Les horaires sont sur le www.lejardindemanon.com
Crédit photos – La Provence Serge Mercier
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