Y. Arthus-Bertrand sort un carton rouge - Mercredi 4 avril 2012

Source : Rédaction wiki2d - Carole Hoareau redacwiki2d@gmail.com

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A l’occasion de la sortie de son dernier documentaire sur l’eau, le photo-reporter estime que nous n’allons pas assez loin dans nos changements de comportement.

Wiki2d : « La Soif du Monde » était présenté  à Marseille pendant le Forum mondial de l’Eau. Quel est le message du film?

Yann Arthus-Bertrand : Ce documentaire montre que de l’eau, nous en avons, mais que nous l’utilisons mal et que l’assainissement fait souvent défaut. Plus généralement, il parle de l’explosion démographique et de l’impact de notre mode de vie sur la planète.

W : Le grand public est-il réceptif quand on parle d’écologie, de « développement durable »?

Y. A-B. : C’est une notion trop compliquée pour être fédératrice. Et surtout, elle a perdu de son sens premier. Certains ont cru qu’il suffirait de miser sur l’innovation scientifique pour impulser ce développement durable, mais c’est plus compliqué que ça. Surtout en temps de crise, car l’objectif c’est la croissance. Or, le développement durable, c’était prendre conscience que la croissance seule, c’est bon pour un pays à court terme, mais pas pour la planète. J’ai parfois le sentiment qu’on revient en arrière. D’ailleurs, l’écologie est de plus en plus absente des débats politiques.

W : Le citoyen lambda, quelle est sa marge de manoeuvre?

Y. A-B. : Il doit se poser une vraie question, « qu’est-ce que moi, en tant qu’homme, je peux changer« . Il ne faut pas toujours attendre que les solutions viennent des politiques et des scientifiques. Sinon, le risque, c’est de se dire « je sais pas quoi faire« , et de continuer sa petite vie, en évitant de penser à tout ça. Les petits gestes quotidiens, comme le tri des déchets, c’est bien, mais, franchement, ça ne changera pas le monde. On doit aller plus loin en apprenant à vivre mieux avec moins. Un changement de mentalité profond est nécessaire.

W : Et de vocabulaire ?

Y. A-B. : C’est vrai que « développement soutenable », – traduction littérale de l’expression « sustainable development », ndlr – paraît plus signifiant. Mais au fond, ce n’est pas le mot qu’on choisit qui est important. C’est la réflexion que nous devons mener. Nous sommes sept milliards sur terre. Ici, nous faisons partie des deux milliards à puiser beaucoup trop dans les ressources planétaires. Et les cinq milliards restant rêvent de vivre comme nous. C’est sur ça qu’on doit réfléchir.

W : Sur quel phénomène pointerez- vous votre caméra la prochaine fois ?

Y. A-B. : Pour Rio +20, cet été, nous parlerons de l’océan. Ensuite, c’est l’humain qui sera au coeur de mon prochain projet, baptisé « Human ».

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