Assainissement : Des chantiers nécessaires (1/6) - Jeudi 24 mars 2011

Source : Grand Avignon - communication@agglo-grandavignon.fr

Un habitant du Grand Avignon rejette en moyenne 164 litres d’eau par jour. Ces eaux usées sont acheminées par le réseau d’assainissement (égouts, collecteurs…) qui s’étire sous nos pieds sur plus de 800 km jusqu’aux sept stations d’épuration de l’agglomération ainsi qu’à celle de Sorgues. Ces chiffres montrent bien l’ampleur de la tâche de la Communauté d’agglomération pour garantir la qualité de l’eau rejetée dans le milieu naturel.

Afin d’anticiper les besoins en eau d’une population qui augmente un peu plus chaque année, mais également de répondre aux législations française et européenne toujours plus draconiennes, les services du Grand Avignon ont établi un schéma directeur d’assainissement.

Mises aux normes, réaménagements, créations, systèmes de filtration naturels

« Après avoir réalisé un état des lieux du réseau et du fonctionnement des stations d’épuration, nous avons dressé un certain nombre de travaux à effectuer », explique George Bel, Vice-président délégué aux travaux. Parmi eux, il y a la mise en conformité de la station d’épuration d’Avignon, qui traite les eaux de la cité papale ainsi que celles du Pontet, de Villeneuve-lez-Avignon et des Angles. Ce vaste chantier, qui s’achèvera d’ici la fin de l’année, s’élève à 30 millions d’euros, parmi lesquels 8 millions d’euros pour le poste de relevage principal d’Avignon. On peut également citer les travaux qui concernent la station d’épuration de Morières. Cet équipement, qui date de 1974, va être mis aux normes et verra sa capacité doublée, de 12 000 à 26 000 équivalent- habitants, d’ici 2012. A cet investissement lourd, de l’ordre de 6 millions d’euros, vient également s’ajouter celui du réaménagement de la station de Jonquerettes (450 000 euros). Cinq bassins sont en train d’être créés afin de traiter les boues grâce à un système de filtres plantés de roseaux. Un processus naturel qui permettra de valoriser ces boues en compost ou en épandage.

Bientôt le tout-à l’égout pour les usagers

« Le travail des équipes du Grand Avignon, c’est également la gestion des chantiers du quotidien, explique Jérôme Gelly, directeur des services techniques. Le réseau est ancien. Sur certaines zones, nous avons un réseau unitaire (qui recueille à la fois les eaux usées et les eaux de pluie), ce qui peut engendrer des problèmes lors de forts épisodes pluvieux… Au final, ce sont 8 millions d’euros qui sont investis chaque année pour entretenir et améliorer les canalisations. » Après avoir effectué le renouvellement de canalisations dans le centre ville du Pontet, étendu le réseau route de l’Isle-sur-la-Sorgue à Caumont, ou réparé des conduites dans le quartier de la Peyrière à Velleron, le Grand Avignon s’apprête à raccorder au réseau des eaux usées les habitations situées au sud de l’île de la Barthelasse et au nord de l’île Piot.

Ces travaux qui ont débuté fin 2010 permettront ainsi aux usagers de bénéficier du tout-à l’égout et de ne plus avoir recours à une fosse septique. Une enveloppe de 1 million d’euros a été affectée à cette opération.

« Des investissements pour l’avenir »

Interview de Patrick Vacaris, Vice-président délégué à l’assainissement, Maire de Rochefort du Gard

  • Pourquoi la Communauté d’agglomération du Grand Avignon a-t-elle engagé autant de travaux dernièrement ?
  • Le Grenelle de l’environnement et la législation européenne ne sont pas une vue de l’esprit. Si notre collectivité veut être exemplaire en matière d’écologie et ne pas être mise à l’index comme par le passé, nous devons faire les travaux nécessaires. Bien sûr, ces travaux ont un coût. D’où l’intérêt d’une Communauté d’agglomération qui mutualise ses moyens. L’exemple de la station d’Avignon-Le Pontet- Les Angles-Villeneuve en est une parfaite illustration. Il faut également préciser que ces chantiers sont des investissements pour l’avenir : les stations d’épuration concernées vont être fonctionnelles pour les trois ou quatre décennies à venir.

    • L’augmentation du coût de l’assainissement est-elle inéluctable ?

    D’une manière générale, la qualité de l’eau en France et en Europe se dégrade, en raison de l’urbanisation, des rejets de produits chimiques venant des industries, de l’utilisation d’engrais et de pesticides… De l’autre côté, nous devons respecter une législation toujours plus stricte, notamment la directive-cadre sur l’eau de 2 000 qui engage les pays européens dans une politique unique et dont l’objectif est d’atteindre, d’ici 2015, le bon état écologique des masses d’eau souterraine et superficielle. Forcément, les dépenses d’assainissement sont une contrainte à laquelle il va falloir nous habituer. L’eau est une ressource précieuse et sa gestion a un coût. Mais c’est un coût que le Grand Avignon calcule au plus juste.

    • Les usagers peuvent-ils contribuer à diminuer ce coût ?

    Bien sûr, au plus on fait des économies d’eau, au moins on a à les traiter. Récupérer l’eau de pluie pour arroser son jardin, au lieu d’utiliser celle du réseau d’eau potable par exemple, c’est autant de consommation en moins sur sa facture. J’invite également tous les usagers à engager des travaux en cas de mauvais raccordement : encore trop de gouttières rejettent l’eau de pluie dans le réseau d’assainissement. Ces eaux claires parasitent le réseau et peuvent engendrer des problèmes pour le traitement dans les stations d’épuration.

    Dossier Assainissement : Préserver l’eau et protéger l’environnement