
Si la ville est le territoire de l’homme, elle est aussi celui d’une multitude d’espèces vivantes que l’urbain connaît souvent très mal, même si elles sont sous son nez. A l’occasion de l’année de la biodiversité, les initiatives se multiplient pour apprendre aux citadins à mieux connaître et à protéger cette nature dans la ville.
En ville, l’homme façonne la biodiversité
La biodiversité urbaine, qu’est-ce que c’est ? « Ce n’est pas le nombre d’espèces, mais plutôt le fonctionnement d’un écosystème », précise Philippe Clergeau, professeur au muséum national d’histoire naturelle et spécialiste de la biodiversité urbaine. Ainsi, les scientifiques étudient la faune et la flore sauvages, mais aussi les animaux domestiques, ou les plantes des jardins privés, qui n’ont parfois rien de local. « En fait, la biodiversité urbaine est le résultat d’une gestion : les hommes ont souvent choisi les espèces qu’ils tolèrent en ville, comme les pigeons qu’ils nourrissent volontiers, et celles qu’ils bannissent, comme les chauve-souris,» analyse Philippe Clergeau. Et puis, il y a les accidents de parcours, comme les nouveaux animaux de compagnie (les fameux NAC: oiseaux exotiques, serpents, etc.) parfois relâchés dans la nature et qui peuvent entrer en concurrence avec les espèces locales. « Mais comme la plupart des parcs urbains à travers le monde sont construits sur le même modèle, on se rend compte qu’on trouve souvent les mêmes espèces. Il y a une véritable homogénéisation », remarque Pierre Clergeau. Ainsi, les espaces verts en ville favorisent les espèces généralistes, souvent de régime omnivores, ou encore les oiseaux sédentaires, au détriment des petits mammifères par exemple, qui ont du mal à se frayer un chemin entre les voitures et les immeubles.
Jardins publics et jardins privés en première ligne
D’où la notion de « trame verte », dont on parle beaucoup depuis le Grenelle de l’environnement, qui désigne à la fois les « tâches d’habitat », c’est-à-dire les lieux de vie, et les « corridors écologiques », qui permettent aux espèces de se déplacer entre deux zones de vie. Aujourd’hui, la plupart des communes ont amorcé une réflexion pour favoriser le maintien d’une biodiversité urbaine. « Notre politique de gestion des espaces verts est aujourd’hui plus raisonnée, explique Laure Agnès Caradec, adjointe au maire de Marseille, déléguée aux parcs et jardins. Nous remplaçons par exemple les pelouses par des prairies, plus favorables à la vie en milieu urbain ». Mais à côté des espaces verts municipaux, les particuliers ont aussi un rôle déterminant. « Plutôt que des grands parcs urbains, il vaut mieux miser sur une nature de proximité, insiste Philippe Clergeau. Les jardins et les balcons privés, mais aussi les murs et les toits végétalisés, font partie de la trame verte. A Marseille, le phénomène des jardins partagés gagne aussi du terrain. La ville de Marseille assure d’ailleurs travailler avec les bailleurs sociaux pour mettre à disposition les pieds d’immeuble (voir notre article sur le quartier des Néréides et du Bosquet), et tente également de dégager du foncier, pour réintroduire un peu de nature au milieu du béton.
Pour aller plus loin :
Sur le programme de l’Agence nationale de la rechercheSur le projet trame verte et bleue piloté par les 5 parcs naturels régionaux de PacaSur l’année internationale de la biodiversité
|
Agenda L’Agam, l’agence d’urbanisme de l’agglomération marseillaise, organise un cycle de conférences sur la biodiversité. Prochain rendez-vous le 16 juin, pour aborder la thématique « Biodiversité et Eau ». Deux autres rendez-vous sont prévus en septembre, sur « Biodiversité et Sol » et en novembre sur « Biodiversité et mer » |




















