Balade: Saint-Mandrier, la presqu’île préservée - Vendredi 15 juin 2012

Source : Magazine La Provence "En balade"

Elle était, à l’origine, formée par trois îles rapprochées qui, un temps, ont composé « L’Isle de Sepet ». Lors de leurs expéditions respectives, Phéniciens, Rhodiens, Celto-ligures ou Romains venaient d’ailleurs s’abriter dans la baie du Creux Saint-Georges, idéalement située. Puis, l’accumulation de sable due aux courants marins au cours du XVIIe siècle a engendré cette presqu’île se dressant tel un verrou naturel du port toulonnais, que l’omniprésence militaire n’a nullement entaché.

Des points de vue incroyables

C’est d’ailleurs la première agréable surprise de tout visiteur curieux de découvrir ce bout de terre, qui s’anime entre un joli port et des pinèdes s’étirant jusqu’à la mer. La seconde sera engendrée par la balade elle-même et nourrie par de superbes points de vue, paysages de grès ocre, belvédères vertigineux et plages sauvages. Mais sachez que, pour conquérir le droit de déguster ces charmes de la côte, mieux vaut avoir de bonnes jambes. Car, par endroits, le circuit est sacrément escarpé. Bien sûr, de nombreuses variantes existent comme cet aller-retour entre les plages de Cavalas et de la Coudoulière (0,8 km) ou encore entre cette dernière et celle de Saint-Asile (3,8 km, toutes bénéficiant d’un parking). Mais ce serait dommage de se priver des panoramas offerts par cette corniche d’or, ses passages en balcon sous les pins suspendus ou dans les espaces boisés d’arbres centenaires, qui se succèdent tout au long de la boucle.

C’est toutefois sur le bitume qui s’étire de l’office de tourisme jusqu’à la Poste, en longeant ensuite la résidence « La pinède Saint-George », avant de bifurquer sur la gauche au niveau de la gendarmerie maritime, que débute notre escapade. Puis, place enfin à un sentier terreux qui nous conduit sur ce littoral tant désiré, précisément au niveau de la plage de Cavalas. Accessible uniquement à pied, cette langue de galets ourlée par une eau translucide a conservé un côté délicieusement sauvage. Toutefois, les blocs en béton que l’on traverse, qui font le bonheur des enfants en été, ne manquent pas d’éveiller notre curiosité. Ce sont en fait les restes des quais en béton équipés alors d’un système de rails et de treuils pour hisser les sous-marins sur des chariots, construits par les Allemands en 1942-43.

Le Fortin de la Coudoulière

Là, en gravissant les escaliers, l’itinéraire se corse un peu, mais la vue est juste superbe. Profitez et abusez-en, tout en cheminant vers la plage de la Coudoulière et le fortin éponyme. Destiné à assurer la défense de deux des petites plages qui bordent ce côté-là de la presqu’île, il fut complètement reconstruit entre 1846 et 1850. Nous contournons ensuite l’ouvrage (qui ne se visite pas) pour rejoindre les blocs de marche qui nous font prendre une hauteur vertigineuse, ou entre pins maritimes et figuiers de barbarie recouvrant les pentes qui tombent dans la Méditerranée, on en prend vraiment plein les yeux – Cap Sicié, rochers des Deux Frères, Giens, les Îles d’Or… – avant de fendre à nouveau la pinède entre les clôtures et apercevoir, de l’autre côté, la rade, Toulon et le Faron. Un second fort, celui du « Gros Baou », se dresse alors sur le chemin qui se faufile au milieu des cistes, bruyères arborescentes, arbousiers ou encore chèvrefeuilles pour retrouver le littoral. Un arrêt s’impose devant la table d’orientation.

A travers le quartier du Pin Rolland

La descente, qui nous entraîne, dans un premier temps, à travers les coquettes maisons du quartier du Pin Rolland, se poursuit au niveau de l’eau et sur une crique invitant tous ceux, pour qui le temps n’est pas compté, à se poser sur les galets (« coudoulet » en provençal). L’opportunité est d’autant plus tentante que le long « serpent » caillouteux longeant la Grande Bleue est appelé à retrouver, une fois dépassée la plage de Sainte-Asile, une allure plus urbaine. Mais, qu’on se rassure, pas pour très longtemps. Car, à Saint-Mandrier, lorsque la mer n’est pas à portée des yeux, ce sont les essences méditerranéennes qui prennent le relais. Et c’est donc en zigzaguant entre les différentes essences de la pinède du Pin Rolland puis en suivant le chemin Ardissonne durant une bonne demiheure que l’on bouclera ce périple décliné tout en vert et azur.

Détails techniques

Distance : 8,5 km

Durée : 2 heures 30

Difficulté : moyen

Dénivelé : 150

Balisage : traits et fléches jaunes

Départ : devant l’office de tourisme, sur le pont

Repères utiles

- Pour se rendre à Saint-Mandrier :

par l’A50, sortir N13 (La Seyne) puis suivre la D16 (Les Sablettes) et la D18

- Office de tourisme, Place des Résistants, 04 94 63 61 69 ou www.ville-saintmandrier.fr

- Var Tourisme, www.visitvar.fr

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