« Jardin de Noé » : les parcs de Marseille s’engagent à protéger la biodiversité - Mardi 31 août 2010

Source : Rédaction Wiki2d - Carole Hoareau redacwiki2d@gmail.com

Prairies fleuries, arbres méditerranéens et même implantations de ruches : les parcs de Marseille changent peu à peu de visage, gestion durable des espaces verts oblige. Symbole de cette métamorphose, le parc Mirabelle (12e) recevait hier le label « Jardin de Noé ». Lancé il y a un an par l’association Noé Conservation, ce programme a pour but de créer un réseau national de jardins dédiés à la biodiversité. Ouvert aux collectivités, aux entreprises, et aux particuliers, il propose de passer au jardinage durable.

Au total, ce sont huit parcs de la ville de Marseille qui sont aujourd’hui labellisés par l’association : la Moline (12e), Mirabelle (12e), Mathilde (9e), Buzine(11e), Pastré (8e), Valmer (7e), Font Obscure (14e) et Séon (16e). «Un label qui sert surtout à expliquer la démarche de la ville en matière de gestion des espaces verts, commente Laure-Agnès Caradec, adjointe au maire de Marseille (UMP), déléguée aux parcs et jardins. Dans l’imaginaire, un parc public, c’est un espace avec une pelouse bien verte par exemple. Il est important de faire de la pédagogie : les gens doivent savoir pourquoi les parcs urbains changent. » Au passage, la ville espère bien transmettre ces méthodes de jardinage plus respectueuses de la biodiversité aux Marseillais, grâce aux panneaux explicatifs installés un peu partout dans le parc.

Faire une place à la nature

Car au parc Mirabelle, on est bien loin des jardins à la française. Pour réduire la consommation d’eau, on privilégie les espèces locales et une prairie fleurie a été créée, bien moins gourmande que les pelouses, qui consomment un mètre cube d’eau par mètre carré chaque année, et l’arrosage se fait au goutte-à-goutte. Côté entretien, plus d’insecticides : ce sont les coccinelles qui grignotent les pucerons. «Les déchets végétaux sont également broyés sur place et servent de « paillis », illustre Claude Chabrier, directeur du service parcs et jardins à la ville de Marseille. On obtient une sorte d’engrais naturel qui retient l’eau et limite l’invasion des mauvaises herbes». Et les jardiniers voient leur métier évoluer, puisqu’au lieu de s’occuper de la pelouse, ils voient apparaître d’autres espèces. « Depuis l’automne dernier, nous avons planté un olivier, un amandier, un figuier et même des vignes», décrit Michel Romani, le jardinier du parc Mirabelle. Question coût, il n’y aurait pas de différence, puisqu’on utilise moins d’eau et de produits, mais plus de main d’œuvre par exemple. «Bien sûr, il restera des pelouses à Marseille, comme au parc Borély, concède Laure-Agnès Caradec, mais partout, nous privilégions des méthodes d’entretien plus douces. »

Un Jardin de Noé chez vous ?

Réduire sa consommation d’eau, faire un compost, planter des espèces locales : chacun peut s’engager à respecter les dix « commandements » du jardinage responsable pour obtenir le label « Jardin de Noé ». « Ce n’est pas un label contraignant, explique Carine Morin, chargée du programme Jardins de Noé chez Noé Conservation. Il témoigne d’une volonté d’appliquer des gestes simples, et de s’améliorer, au fur et à mesure. » Un an après le lancement du programme, la région Paca compte 95 « Jardins de Noé », privés ou publics.

Plus d’infos sur www.jardinsdenoe.org.
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