
1,5°C de plus en au cours du dernier siècle. A Marseille, le thermomètre grimpe deux fois plus vite que la moyenne. Dans 90 ans, la Provence ressemblera-t-elle au Sahara ? Continuera-t-on à cultiver tomates, pêches et salades dans les Bouches-du-Rhône, en Vaucluse et dans les Alpes? Faut-il craindre une vague de maladies nouvelles ? Pour connaître l’impact du changement climatique sur notre quotidien, trois spécialistes interviendront mercredi 13 octobre à Marseille, lors des premières Rencontres wiki2d, organisées par wiki2d.org et La Provence.
« Quand on parle du changement climatique, on pense souvent à la fonte des glaciers ou aux îles lointaines qui pourraient être submergées. Mais il est important de savoir ce qui nous attend ici, en Provence », soutient Gilbert Peiffer, président du comité scientifique de wiki2d. Sécheresses en été, augmentation du niveau des mers en Camargue, pour Joël Guiot, paléo-climatologue au CEREGE (Centre européen de recherche et d’enseignement des géosciences de l’environnement), les conséquences sont parfois déjà visibles. « Pour situer l’ampleur du réchauffement, la canicule de juillet 2003 avait une probabilité infime de se produire au 20e siècle, remarque-t-il. Elle deviendra la norme en 2100 ». Des épisodes extrêmes qui ont un impact sur notre santé. « Une augmentation de la température peut s’envisager comme favorable dans certains cas en réduisant la mortalité hivernale. En revanche, les canicules rendent les populations fragiles encore plus vulnérables, s’inquiète le professeur Nicolas Simon, pharmacologue à l’Université de la Méditerranée. Autre aspect : des maladies tropicales, comme le Chikungunya, commencent déjà à faire parler d’elles dans la région.
Des solutions locales
« Même si on a connu des périodes chaudes dans le passé, dues à des facteurs naturels, les climatologues sont incapables de reproduire le réchauffement récent sans introduire le facteur anthropique dans leurs modèles. » défend Joël Guiot. Pour réduire l’impact de l’activité humaine, des actions se mettent progressivement en place. « On a souvent prétendu qu’agir contre le changement climatique coûterait trop cher, rappelle Sylvie Thoron, économiste de l’environnement au GREQAM (Groupement de recherche en économie quantitative d’Aix-Marseille). Or, selon le rapport Stern, les bénéfices d’une action rapide dépassent considérablement les coûts .» Ainsi, un investissement de 1% du PIB mondial par an dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre permettrait d’éviter une perte économique comprise entre 5% et 20% du PIB mondial chaque année. « L’engagement doit donc se faire au niveau global, mais les solutions sont aussi locales et nous concernent tous, car l’opinion publique pèse sur les décisions des dirigeants », conclut l’économiste.
Les Rencontres wiki2d, mercredi 13 octobre à 18h, à l’Université Paul Cézanne, 110 La Canebière, Marseille. Inscription gratuite et obligatoire à l’adresse debat@wiki2d.org, ou au 04 91 84 46 32
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