Consom’actrices, chef d’entreprises, bénévoles, des études montrent que les femmes sont plus sensibles aux questions environnementales. Messieurs, à la traîne ?

Depuis quelques années, les noms de Maud Fontenoy et de Cécile Duflot côtoient ceux de Nicolas Hulot ou Daniel Cohn Bendit dans l’actualité. Plus inquiètes que les hommes sur l’avenir de la planète, et plus actives, les femmes sont-elles plus sensibles par nature aux problématiques de développement durable? Éléments de réponse.
Les femmes sont plus préoccupées par les questions environnementales, c’est l’Ademe, l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie qui l’affirme dans une étude. Et surtout, elles sont plus nombreuses que les hommes à penser que «les modifications de comportements peuvent contribuer à résoudre les problèmes environnementaux ».
Une enquête TNS Sofres, réalisée en 2008 pour l’hebdomadaire Femme actuelle, révélait que 91% d’entre elles affirment faire des efforts au quotidien pour réduire leur impact sur l’environnement, comme le tri des déchets (94 % d’entre elles le pratiqueraient). C’est souvent elles qui initient le ménage aux produits biologiques et plus écologiques. D’ailleurs ces produits sont souvent développés pour les femmes, et le marché des textiles et des cosmétiques bio est en plein boom, avec une croissance de 30 à 40% chaque année.
« Elles auront plus tendance à rechercher le consensus et à penser sur le long terme »
« Au delà des idées spontanées, qui veulent que le fait de donner la vie rende les femmes plus sensibles aux questions liées au développement durable, leur sensibilité reste difficile à prouver scientifiquement, même si elle se voit de manière évidente sur le terrain, constate Patrick Widloecher, conseiller du président du groupe La Poste pour le développement responsable et la déontologie. Auteur du livre « Le guide du développement durable en entreprise », il participait récemment à une conférence organisée par les membres méditerranéens de Femmes 3000, une fédération d’associations qui tente de donner de la visibilité aux projets portés par les femmes.
« Elles auront plus tendance à rechercher le consensus et à penser sur le long terme », poursuit Patrick Wikdloecher. Et elles en ont conscience. Pour Hélène Delebois, de R3D3, les Rencontres Régionales de Responsables et Décideurs pour un Développement Durable, c’est une question de conviction : « les hommes qui travaillent dans le développement durable sont parfois arrivés là par hasard, ça s’est imposé à eux, et ils suivent. Alors que dans les parcours féminins, ce sont davantage les valeurs qui motivent le choix d’une activité en lien avec le développement durable. »
Pourtant, dans le secteur 2d comme ailleurs, elles doivent encore se faire une place parmi les hommes. « Il y a parfois une auto-censure qui empêche les femmes d’accéder à des postes à responsabilités, car elles savent qu’elles doivent gérer la vie de la famille, analyse Patrick Widloecher. Tout le monde est d’accord avec le principe d’égalité homme-femme, le partage des tâches, mais il faut des actions concrètes. Arrêtons de faire des réunions à 20 heures, développons les crèches d’entreprise, etc, et elles nous ferons profiter de leurs atouts. »
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