La Méditerranée est une mer fermée plus fragile que d’autres.
Dans les années 60, toutes les eaux usées des villes littorales se rejetaient à la mer sans aucune épuration. C’était le cas sur le littoral méditerranéen français où il existait quatre cent quarante tuyaux ou émissaires qui rejetaient leurs eaux brutes à certaines distances de la côte, et en particulier dans l’herbier de posidonies qui constitue le milieu le plus riche de vie du littoral méditerranéen, le détruisant sur des milliers d’hectares. Il en était de même des aménagements du littoral gagnés sur la mer qui détruisaient et qui continuent de détruire des milliers d’hectares de vie.
Les ancres des bateaux arrachent aussi l’herbier qui est une plante supérieure dont la croissance est très lente. Dans des conditions naturelles, en dehors de toute pollution, pour fabriquer un mètre de posidonie, il faut cent ans. Donc sa destruction, à l’échelle humaine est irréversible.
S’ additionnent à toutes ces nuisances, la pollution par les produits chimiques: métaux lourds, insecticides, détergents qui affectent les organismes marins et les chaînes alimentaires. Ils provoquent la disparition de nombreuses espèces.
En 1980, le ministre de l’environnement français survolant la Méditerranée à bord d’un hélicoptère disait : »la Méditerranée est bleue, elle est transparente, elle n’est pas polluée, les scientifiques nous racontent des balivernes ! Et nous lui avions répondu: « Vous voulez parler de la surface sans doute, et bien nous allons vous montrer ce qui se passe au fond ». Et nous avons réalisé avec Christian Pétron un film : « Pollutions et nuisances sur le littoral méditerranéen ».
Nous avons voulu des images chocs avec un commentaire adapté.
Le film se décompose en trois parties:
-le paradis: ce sont les fonds protégés du Parc National de Port Cros sur la côte provençale.
-le purgatoire, avec l’aménagement des plages de Toulon gagnées sur la mer
-et enfin l’enfer à la sortie des égouts de la ville de Toulon.
Ce film a obtenu la palme d’or du film de recherche scientifique, en 1980 à Rio de Janeiro, et ensuite une quinzaine d’autres prix.
Il est à l’origine du lancement du plan d’assainissement sur les côtes provençales. Et peu à peu depuis 1980 des stations d’épuration on été créées pour les grandes villes littorales comme Marseille (1987), Nice (1988) et Toulon (1999).
Mais, les rejets après épuration se font le plus souvent à la côte, et le problème n’est pas réglé.
Les directives européennes ne prennent jamais en compte la spécificité méditerranéenne, à savoir un plateau continental très étroit, des courants faibles. Si on veut réhabiliter ce littoral où se manifeste le maximum de vie en temps normal, après épuration, il faut pratiquer un rejet en profondeur, au-delà du plateau continental à cent mètres de profondeur, où une vie bactérienne marine intense se chargera de dégrader de nombreuses molécules. C’est ce qu’à réalisé Monaco dès 1989.
Cela dit avec l’épuration, la situation s’améliore, la vie reprend le dessus comme on le verra dans un deuxième film tourné 25 ans plus tard, en 2006.
Mais il reste beaucoup de travail pour épurer tous les rejets pollués sur l’ensemble du littoral méditerranéen. Une législation circum-méditerranéenne serait nécessaire pour que notre chère Méditerranée continue à vivre et à satisfaire toutes les activités humaines qui s’y manifestent.
L’entente de tous les pays du pourtour méditerranéen est indispensable pour que vive la Mare Nostrum.
Extrait du film avec Christian Pétron: « Pollutions et nuisances sur le littoral méditerranéen » :





















